Le cardinal Danneels a quitté la PJ après 10 heures d'audition

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Longue audition pour l'ancien patron de l'Eglise belge : le cardinal Danneels a été entendu pendant 10 heures comme témoin par la police judiciaire à la suite des enquêtes sur des faits de pédophilie au sein de l'Eglise. En milieu d'après-midi, il a été confronté à Peter Adriaenssens.

Le cardinal Danneels, 77 ans, était arrivé vers 9 heures 30 dans les locaux de la police pour une audition qui s'est avérée très longue. Il a quitté les locaux de la police judiciaire sans être inculpé et a été escorté par des policiers jusqu'à son domicile.

Vers 15 heures 30, il avait été confronté à Peter Adriaenssens, l'ancien président de Commission qui traitait des plaintes pour abus sexuels dans l'Eglise.

Peter Adriaenssens avait déjà été auditionné vendredi dernier mais certaines de ses déclarations ne corresponderaient pas à celles du cardinal. On dit aussi que le cardinal dit souvent "ne pas se souvenir".

En état de choc

"Je ne peux et ne veux rien dire sur le contenu de cette confrontation. La justice doit à présent faire son travail. C'est en qualité de témoin que j'étais entendu et que j'ai répondu aux questions", a déclaré Peter Adriaenssens à sa sortie du bâtiment abritant les bureaux de la police judiciaire fédérale.

"En ce qui concerne l'état d'esprit du cardinal Danneels, il est clair qu'il est quand même en état de choc. Il est très difficile pour lui de savoir que bon nombre de personnes pensaient qu'il savait et qu'il n'a rien fait. Il est surpris que des faits d'une telle gravité soient mis en rapport avec lui", a-t-il ajouté.

"Chacun doit à présent prendre ses responsabilités pour faire avancer les choses. C'est la raison pour laquelle la commission a fait un pas de côté", a encore dit Peter Adriaenssens, précisant qu'il ne savait pas qu'il allait être entendu ce mardi. Il a été appelé vers 14h40. "On m'a appelé dans l'après-midi en me demandant de me rendre immédiatement au bureau de la police judiciaire fédérale."

Le 24 juin dernier, des perquisitions visaient le palais épiscopal de Malines, le domicile de Monseigneur Danneels et la commission Adriaenssens. La justice voulait savoir, notamment, si l'Eglise ne cachait pas certains documents au sujet de cas de pédophilies, des cas qu'elle aurait tus.

C'est ce que  les enquêteurs veulent également savoir ce mardi en interrogeant Monseigneur Danneels comme témoin. Ce dernier devrait répondre aux accusations de plusieurs victimes qui affirment qu'il était au courant mais qu'il s'est tu, ce que le cardinal a toujours démenti. Il n'a fait aucune déclaration avant son entrée.

La discussion risque d'être longue car il faudra remonter dans le temps et analyser plusieurs cas ainsi, sans doute, que des documents extraits de l'ordinateur saisi lors des perquisitions, un ordinateur qui n'a toujours pas été restitué, contrairement aux autres ordinateurs.

Des documents qui n'auraient pas du se trouver à l'archevêché?

Le parquet de Bruxelles aurait trouvé, lors des perquisitions à l'archevêché de Malines, des documents "confidentiels" concernant, entre autres, l'affaire Dutroux écrit Het Laatste Nieuws mardi.

Ces documents ont, à l'époque, été remis à de nombreux journalistes et pourraient, par la même occasion, avoir été remis à l'évêché.

Eric de Beukelaer demande la "prudence"

Le porte-parole des Evêques, Eric de Beukelaer, est surpris par les révélations de Het Laatste Nieuws. "Nous ne savons rien de ces dossiers. Nous nous demandons d'où viennent ces informations", a-t-il remarqué, précisant que, lors des auditions qui ont suivi les perquisitions, personne n'a fait état de ces documents. "J'ai moi-même été entendu et on ne m'a pas du tout interrogé sur ces documents. L'archevêché est énorme. Beaucoup de documents ont été envoyés mais je ne sais rien sur ceux-ci. Il faut être très prudent", a conclu Eric de Beukelaer.

 

RTBF avec Belga

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