Le budget de la Coopération gelé, mais l'objectif des 0,7% demeure

La Belgique a réalisé en 2010 le chiffre de 0,64% - le niveau le plus haut jamais atteint -, se classant ainsi à la sixième place des pays de l'Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE), a-t-il indiqué dans un discours lors des "journées de contact diplomatiques" annuelles, rassemblant quelque 130 ambassadeurs et chefs de poste rappelés à Bruxelles pour l'occasion.

Mais ce résultat exceptionnel est partiellement dû à l'annulation considérable de la dette de la République démocratique du Congo (RDC), a admis Paul Magnette (PS).

Sans cela, le pourcentage aurait été de 0,53% en 2010.

Mais en 2012 et 2013, le budget de la Coopération au développement sera gelé à 1,478 milliard d'euros.

"Si 95% du budget peut être réalisé, cela signifiera tout de même une augmentation des dépenses sur le terrain de quelque 6% par rapport à 2011", a souligné le ministre.

Il a assuré que le gouvernement ne renonçait pas à l'objectif de consacrer 0,7% du RNB à la Coopération.

La situation budgétaire "exceptionnelle" a contraint le gouvernement à repousser dans le temps l'augmentation du budget nécessaire", selon Paul Magnette.

Avec la crise financière, économique et budgétaire, nombre de donateurs gèlent ou diminuent leur budget de coopération. Ainsi, aujourd'hui, seuls cinq pays donateurs ont atteint la norme des 0,7% du RNB: le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède.

Le ministre a par ailleurs confirmé l'engagement de la Coopération de consacrer, d'ici 2015, 15% de son budget au soutien de l'agriculture dans le sud et à la lutte contre la faim.

"Le soutien à l'agriculture locale et familiale sera essentiel. Je veillerai à ce que la problématique de la volatilité des prix alimentaires soit également mise en haut de l'agenda du développement", a-t-il promis.

En outre, la coopération au développement belge continuera de plaider pour le "déliement" de cette aide et pour l'achat local dans le sud, a dit Paul Magnette.

Il a toutefois souligné que "l'architecture de la coopération devient de plus en plus complexe". Les donateurs lancent à chaque fois de nouvelles initiatives, des fonds et des institutions. Il existe aujourd'hui plus de 1300 donateurs et plus de 4000 voies d'aide, a-t-il dit.

En 1970, la part de l'aide publique au développement dans le flux financier qui allait vers les pays en développement atteignait encore 70%. Aujourd'hui, elle est à peine de 13%, selon Paul Magnette.

Belga
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK