Le bourgmestre de Tournai: "Je suis fou furieux contre Theo Francken"

Le gouvernement voudrait placer entre 400 et 700 réfugiés dans la caserne Saint-Jean à Tournai. Une décision qui a provoqué la polémique entre PS et MR ce week-end. Le PS estime en effet qu’une telle concentration de réfugiés pourrait poser problème. C’est ce qu’expliquait dans Matin Première Paul-Olivier Delannois, bourgmestre faisant fonction de Tournai, en remplacement de Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Je suis fou furieux sur Theo Francken. En décembre 2014, ils ont enlevé tous les subsides au CPAS de Tournai qui accueillait des migrants", assène le socialiste. "Et recevoir un coup de fil de Theo Francken pour me dire que le lendemain il passe en Conseil des ministres la décision de ramener 700 personnes à Tournai, ça me semble un peu léger…"

Pour lui, "toutes les communes devraient être solidaires. Il faut faire en sorte de ne pas mettre dans un même bocal de 700 personnes". Car, explique Paul-Olivier Delannois, "ces personnes doivent être bien reçues, avec un accompagnement. Il ne suffit pas de voir un bâtiment vide et de dire qu’on va y mettre des gens".

Le MR a dénoncé ce week-end un syndrome Nimby ("Not in my backyard", "Pas dans mon jardin") de la part du PS. Ce que réfute le bourgmestre faisant fonction. "Que Tournai joue dans la partie, oui, mais dans de bonnes conditions. Pour que l’intégration ne soit pas un échec".

J’ai peur qu’ils deviennent de la chair humaine pour des marchands de sommeil

Le socialiste craint en effet des débordements. "Nous vivons une crise économique très importante. Les gens peuvent tomber plus facilement dans des relents racistes. C’est un constat que je fais…"

Et d’estimer également que les réfugiés pourraient être des proies faciles pour des personnes malintentionnées. "700 personnes (entre 400 et 700, selon le plan NDLR) seront candidats réfugiés politiques. Dès lors qu’ils sont Syriens, il obtiendront vite le statut. Et ils quitteront la caserne pour trouver un logement, etc. J’ai peur qu’ils deviennent de la chair humaine pour des marchands de sommeil".

Va-t-il s’opposer au plan de Theo Francken ? "Non, en tant que bourgmestre faisant fonction, je n’ai de toute façon pas la possibilité de dire non. Et en tant que député fédéral non plus, le Parlement est fermé pour le moment…"

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