Le 15 novembre, c'est aussi la fête des Germanophones, en quête d'autonomie

Neuf communes situées à l’est du pays, même pas 900 km², et un peu moins de 80 000 habitants, c’est-à-dire moins que les plus grandes villes belges. Bref: une minorité.

Malgré cette place modeste, c’est justement pour démontrer leur attachement à la Belgique et à la monarchie que les Germanophones ont symboliquement choisi la même date que la fête du roi pour célébrer leur communauté…

Et c'est vrai que dans cette Belgique fédérale qui lui a octroyé certaines compétences exclusives, la communauté germanophone jouit déjà d’une belle autonomie. En termes de compétences communautaires donc, c'est-à-dire de matières personnalisables.

C’est le cas bien sûr de l’enseignement, de la culture, mais aussi des soins de santé ou de la protection de la jeunesse.

Mais ce n’est pas tout, parce que rien n’est jamais simple dans notre architecture institutionnelle. Alors au fil du temps, les Germanophones ont hérité de matières régionales, qui lui ont été confiées par la Wallonie, comme des "re-transferts" de compétences.

L’appétit vient en mangeant

Ça concerne notamment le financement des communes. Mais aussi et surtout depuis cette année les derniers pans de la politique de l’emploi.

Et comme l’appétit vient en mangeant, les Wallons de langue allemande rêvent de bénéficier d’encore plus d’autonomie.

Ils souhaitent par exemple disposer des clés du logement, ce qui devrait être le cas en 2017. Ils aimeraient également pouvoir gérer l’aménagement du territoire et l’urbanisme. Ou s'occuper de leur réseau routier régional. Et pourquoi pas de tout le reste aussi d'ailleurs...

Tout ça, la Wallonie le sait, parce que ça fait des années que ces revendications sont répétées dans une belle unanimité germanophone.

Mais contrairement à ce qu'on peut observer entre Francophones et Flamands sur les questions communautaires, ici ça ne se passe jamais à coups d'invectives, d'ukases, de menaces et de crisettes, mais gentiment, poliment, et discrètement. Et les choses avancent sereinement, et très lentement.

Bientôt une 4e région ?

On a donc quand même un peu l'impression de voir une communauté qui se sent pousser des ailes régionales, qui se fond dans la Belgique d’aujourd’hui et dans la Wallonie actuelle, mais qui cultive ses différences historiques, géographiques, culturelles, linguistiques et socio-économiques.

En matière d’élections par exemple, la Wallonie a décidé d’abandonner le vote électronique pour les communales et les provinciales de 2018, alors que les germanophones ont décidé de le conserver.

Ou au sujet des allocations familiales. Le gouvernement wallon annoncera très prochainement quels seront les montants versés à chaque enfant et à chaque famille. Les Germanophones, eux, ont déjà tranché.

Certains observateurs voient là la preuve qu’une future Belgique à quatre régions se dessine de plus en plus: la Flandre, la Wallonie, Bruxelles ET la région germanophone.

Mais ça, c’est peut-être aller un peu vite et un peu loin, même si cette thèse et cette perspective à long terme semble clairement gagner du terrain. Et pas que du côté germanophone d'ailleurs.

@RudyHermans

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