Laurette Onkelinx sur le retour de Pascale Peraïta au Samusocial: "Totalement indécent"

Alors qu’elle annonçait mercredi son retrait de la politique dès 2019, Laurette Onkelinx était l’invitée de Thomas Gadisseux dans Matin Première pour revenir sur cette annonce qui a fait réagir tout le monde politique belge.

L’annonce a fait beaucoup de bruit: celle qui a été ministre socialiste pendant 22 ans a annoncé qu’elle quitterait définitivement la politique en 2019. Elle cède immédiatement son poste de cheffe de groupe PS à la Chambre, mais elle restera députée fédérale au plus tard jusque 2019. Ce n’est donc pas un retrait complet et immédiat. "J’ai envie de construire calmement et librement un autre chapitre de ma vie professionnelle, se défend-elle. Si je trouve une voie qui m’inspire avant 2019, je cèderai ma place bien entendu".

Pourquoi ce choix?

La socialiste prétend qu’il n’y a pas eu "un élément qui tout d’un coup, d’une manière impulsive" lui a fait faire ce choix. Elle admet tout de même que le contexte politique n’est plus celui qu’elle a connu au début de sa carrière. "On parle beaucoup de scandales, de politique politicienne, constate l’ex-ministre. Et la politique, normalement, c’est tout à fait autre chose. C’est avoir ses idées, des convictions, et se battre pour qu’elles se réalisent. Et pour le moment, on est loin de ça".

Celle qui dit avoir vécu dans un monde politique "où on prenait un peu plus le temps de la réflexion" a du mal à s’accoutumer à l’immédiateté des réseaux sociaux. "La jeune génération sera certainement habituée à ces immédiatetés", assure la socialiste.

En politique depuis 30 ans, ministre pendant 22 ans, Laurette Onkelinx incarne cette image du PS au pouvoir depuis des années. Elle affirme ne pas s’être "posé la question" de savoir si cela était sain ou non, et ne pas se sentir victime du "dégagisme" ambiant. "C’est simplement la volonté d’une femme qui, à 58 ans, se dit qu’elle a envie d’autre chose", assure-t-elle.

Il faut aussi des expérimentés pour guider les nouvelles têtes au PS, et Elio l’est

Avec cette décision, Laurette Onkelinx augmente la pression sur Elio Di Rupo, un autre "dinosaure" du PS, qui ne semble pas vouloir céder le flambeau de la présidence du parti. Pour Laurette Onkelinx, il faut garder au sein du parti des politiciens chevronnés pour guider les jeunes recrues. "Il va y avoir au sein du PS un renouvellement comme jamais, annonce la députée. A la chambre sur 23 députés, dix sont concernés par la règle du décumul ou par une volonté d’autre chose. Et c’est bien, il va y avoir de nouveaux visages, de nouveaux enthousiasmes, de nouveaux espoirs. Mais il faut aussi des expérimentés pour guider tout cela, et Elio l’est". En ce moment ont d’ailleurs lieu à Verviers les journées parlementaires du PS où membres du parti et militants tenteront de "dégager un consensus pour définir le profil et le projet du socialisme de demain".

La semaine prochaine, Laurette Onkelinx passera devant la commission sur le scandale du Samusocial car elle a rédigé l’accord de majorité en 2014 qui désigne le Samusocial comme à la fois l’acteur et le coordinateur de tout le plan froid des sans-abris à Bruxelles. Ce mercredi, on a appris que Pascale Peraïta avait demandé à retrouver ses fonctions de directrice de l’ASBL. Elle est en congé sans solde car elle était à la tête du CPAS de la ville. Elle pourrait du coup bénéficier des indemnités de départ. "Je trouve cela totalement indécent. J’espère que le gouvernement bruxellois trouvera le moyen d’empêcher cela", a commenté Laurette Onkelinx.

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