Laurette Onkelinx, de la fille de Gaston à Laurette-Mitraillette

Au titre de cet article, il aurait fallu ajouter, "en passant par la case Mayeur". Yvan Mayeur, le scandale du Samusocial, voilà qui a précipité l'annonce de la fin de carrière politique de l'élue et présidente de la Fédération bruxelloise du PS. Laurette Onkelinx a toujours soutenu l'ancien bourgmestre de Bruxelles. Jusqu'à devoir le lâcher en bout de course, et pâtir de ce soutien indéfectible. 

Née en terre liégeoise

Née à Ougrée le 2 octobre 1958, la "first lady" du PS devient députée fédérale socialiste en 1987. Elle le restera jusqu'en 1995. La fille de Gaston commence sa vie de mandataire au gouvernement fédéral, en 1992, comme ministre de l'Intégration sociale, de la Santé publique et de l'Environnement. Cela ne durera que 2 ans.

Ensuite, elle passe à l'étage de la Communauté française et devient madame la Ministre-Présidente du gouvernement, une tâche qu'elle exerce de 1993 à 1999. Elle se frotte aussi à l'école, puisqu'elle détient le portefeuille de ministre de l'Enseignement, dont elle use avec une main de fer. Dès 1993, et pendant deux législatures, elle devra appliquer l'austérité. Fusion d'écoles, pertes d'emplois au secondaire entraînent des manifestations où étudiants et professeurs chantent à tue-tête: "Laurette, si tu savais, ta réforme, où on se la met" (sic).

Le choix de Bruxelles

En 2001, la liégeoise change de terrain socialiste. Fini Liège, bonjour Bruxelles. Elle est alors vice-Première ministre socialiste. Laurette Onkelinx s'installe dans la capitale pour redéployer le PS bruxelloise. Remariée à l'avocat Marc Uyttendaele, elle pose d'abord ses valises à Woluwe-Saint-Lambert, avant de se domicilier à Schaerbeek, tout en jouissant de la maison du couple à Lasne. C'est la fin de 20 ans de militance au PS liégeois. A l'époque, le PS a besoin de se "rebooster" sur Bruxelles. Le PRL-FDF lui vole des pour cents, et les écolos sont en forme.

La présidence du PS bruxellois

Laurette Onkelinx prend du galon au PS bruxellois. En 2013, elle devient présidente de la Fédération. En parallèle, la socialiste côtoie Elio Di Rupo, Premier ministre d'un gouvernement fédéral dont elle est la numéro deux du PS, vice-Première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. Ce n'est pas la première fois qu'elle est vice-Première. Elle l'a déjà été sous l'ère de l'Open VLD, sous Guy Verhofstadt. Les autres portefeuilles qu'elle aura gérés dans un gouvernement fédéral sont l'Emploi (1999-2003) et la Justice (2003-2007).

L'épisode schaerbeekois

La vie communale fait partie du parcours. En 2006, Laurette Onkelinx est candidate aux élections à Schaerbeek. Elle se fait court-circuiter par l'accord entre l'Ecolo Isabelle Durant et le FDF de Bernard Clerfayt. Sifflée à son arrivée à la maison communale le soir des élections, elle encaisse: Ecolo aussi fait de la politique.

>>> A lire également: Onkelinx sous les huées en 2006: "Cette image m'a choquée", se souvient Isabelle Durant

"Les bruits de bottes"

Sous le gouvernement Michel, en 2014, une nouvelle vie commence, celle d'égérie de l'opposition francophone. Cheffe du groupe socialiste à la Chambre des Représentants, Laurette Onkelinx marque lors de la rentrée parlementaire, à l'installation du gouvernement Michel. La "suédoise", qu'elle aime appeler le gouvernement "MR-N-VA", elle ne la digère pas et dénonce les "bruits de bottes" au parlement. (ndlr: du secrétaire d'Etat N-VA Theo Francken présent à la fête d'anniversaire d'un ancien collaborateur flamand). Forte en volume de voix, gesticulant dans les travées, Laurette Onkelinx se fait, comme le font souvent les hommes, des femmes de tempérament, traiter d'"hystérique". Elle ajuste son style, calme le ton, baisse la dramatisation.

A la "suédoise", Laurette Onkelinx préfère donner à la coalition Michel le nom de la "kaki". Car, dit-elle, "j'ai mélangé le bleu, le jaune, et l'orange. Ca donnait du kaki".

3 rois, 5 Premiers ministres

Laurette Onkelinx a servi sous 3 rois, comme elle aime à le rappeller: Baudouin, Albert 2, Philippe, et 5 Premiers ministres (Dehaene, Verhofstadt, Leterme, Van Rompuy, Di Rupo). L'annonce de sa fin de carrière politique marque la fin d'une époque, et apporte au PS sa réponse à un problème lancinant: faire la place à une nouvelle génération.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir