Laurette Onkelinx: "Bart De Wever fait de la démagogie de bas étage, c'est lamentable"

Laurette Onkelinx dans le Grand Oral RTBF-Le Soir
Laurette Onkelinx dans le Grand Oral RTBF-Le Soir - © RTBF

C'était ce samedi, le premier Grand Oral de la vice-première, ministre de la santé PS Laurette Onkelinx. La chef de file du PS bruxellois le répète : la campagne commence 40 jours avant les élections et donc pas aujourd'hui. Elle le dit également à l'égard de la fédération liégeoise du PS qui, via Willy Demeyer, a déjà donné la composition de ses listes, ce qu'elle ne trouve pas approprié. Laurette Onkelinx dit aussi qu'elle ne montera pas dans un gouvernement avec la N-VA. Et lance enfin un avertissement au patron de Belgacom, Didier Bellens.

Très claire sur l'enjeu de la compétitivité, c'est sur Belgacom et son patron Didier Bellens que Laurette Onkelinx s'indigne. Elle dénonce "l'addiction à l'argent" du patron de l'entreprise mais n'est guère tendre non plus pour les administrateurs de Belgacom (en ce compris PS) qu'elle appelle a remplir leur mission, notamment sur la demande d'un audit externe. "Je les engage à prendre leurs responsabilités", et de conclure: "Oui, on a un problème Bellens".

"La suppression de la TVA sur l'électricité reste dans les cartons"

"Comme vous le savez, c'est le parti chrétien, le CD&V, qui a mis le veto absolu sur cette mesure donc moi je ne sais pas du tout si d'ici le 6 novembre ils auront changé d'avis, si une partie du gouvernement flamand aura changé d'avis. Mais ça reste quand même dans les cartons, que ce soit pour cette année, que ce soit pour l'année prochaine parce qu'il me semble, parce qu'il nous semble que c'est une mesure positive".

"Je ferai tout ce qui est possible pour ne pas être dans un gouvernement avec la N-VA"

En route pour Reynders Ier? Avec la N-VA à bord? "Moi, je suis assez claire depuis toujours, je ferai tout ce qui est possible pour ne pas être en même temps que la N-VA dans un gouvernement". Pas de veto ? Vous dites "tout ce qui est possible pour ne pas y être", ce n'est pas la même chose. "Je dis simplement qu'on vit dans une démocratie et que je ne sais pas quel va être le choix au Nord, est-ce que ça va être un choix incontournable ou pas. Voilà, je crois que tout le monde s'exprime ainsi et c'est normal. Et à côté de ça, c'est vrai que je ferai tout ce qui est possible pour ne pas être en même temps que la N-VA".

"De Wever fait n'importe quoi"

Les photos récentes de Jan Jambon lors de la réunion d'un groupement d'extrême droite militant pour l'indemnisation de ceux qui sont allés se battre sur le front de l'Est? C'est dire que la N-VA, c'est quand même aussi l'extrême droite? "Vous savez qu'il y a quand même eu des transfuges du Vlaams Belang vers la N-VA mais aussi beaucoup beaucoup d'anciens collaborateurs du Vlaams Belang qui sont passés à la N-VA donc on voit bien qu'il y a une porosité entre ces deux partis donc je crois qu'il va falloir rester extrêmement vigilants". Mais c'est une porosité, d'après vous, nationaliste ? Ou extrême nationaliste? "Cela, on le verra au fur et à mesure dans les idées qu'ils développent et les programmes qu'ils développent".

Dans ce que Bart De Wever fait à Anvers, pour vous, il n'a pas franchi la rouge qui le classerait vraiment à l'extrême droite ? On peut parler de cette idée, par exemple, de construire une prison au Maroc, qui a été jugée par certains, y compris par des députés francophones, comme une idée raciste. "Il fait n'importe quoi pour le moment pour qu'on parle de lui, il fait de la démagogie de bas étage, je trouve ça assez lamentable".

Didier Bellens: "Son addiction à l'argent, c'est un problème de santé"

Et Bellens, qu'en pense-t-elle? Génie ou ... ? "Je pense que c'est un génie stratégique qui se double d'une personnalité qui a quelques difficultés : cette addiction à l'argent c'est un problème de santé !"Y a-t-il un problème avec Didier Bellens ? "Oui. On a un problème avec lui. Il y a ce contrat qu'on doit respecter jusqu'au bout mais si on voit qu'il y a eu conflit d'intérêt, etc...".

Faut-il un audit extérieur ? "J'attends de voir ce que Jean-Pascal Labille (le ministre de tutelle, ndlr) va décider, notamment en fonction de ce qu'il est passé au Parlement et au Conseil d'administration. Ce serait pas mal d'avoir une fois pour toutes la clarté, sinon ça va rester en l'air".

Il n'y a pas des administrateurs PS à Belgacom ? "Je les engage à être extrêmement vigilants". Et à demander un audit externe ? "Je les engage à prendre leurs responsabilités".

Asile: "C'est un dossier délicat, plus on en parle, moins on obtient de résultats"

"Derrière chaque homme et chaque femme qui demande l'asile, il y a une souffrance, qu'il soit accepté ou refusé. Je n'en parle pas beaucoup médiatiquement parce que c'est un dossier délicat politiquement et de manière communautaire. Plus on en parle, médiatiquement, moins on obtient des résultats, donc j'en parle beaucoup avec ma collègue (Maggie De Block, ndlr), mais pas médiatiquement.Je sais qu'elle a reçu vendredi l'ambassadeur d'Afghanistan; qu'elle a envoyé une mission sur place et qu'elle essaye à chaque fois de se remettre en cause avec des éléments nouveaux et ce n'est pas négligeable".

Béatrice Delvaux

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