Laurence Bovy (à nouveau) sur un siège éjectable

Laurence Bovy
Laurence Bovy - © ERIC LALMAND - BELGA

Dans la série télé phénomène "Game of Thrones", l’une des familles dirigeantes a la devise suivante : "Un Lannister paie toujours ses dettes". Le ministre des Finances Van Overtveldt (N-VA) pourrait en dire de même. Quelques semaines après la décision du Conseil d’État de suspendre la décision de révocation de Laurence Bovy de la présidence du CA de la SFPI, Johan Van Overtveldt revient à la charge.

Mais avant tout, c’est quoi la SFPI ? C’est la Société fédérale des participations et d’investissement. C’est l’organe qui contrôle les participations de l’État fédéral dans différentes entreprises : bpost, la Loterie nationale, Brussels Airport, Belfius, etc. On parle de la SFPI comme du "bras armé financier" de l’État fédéral : quand, par exemple, un soir de septembre 2008, il faut sauver une banque, Fortis en l’occurrence, c’est la SFPI qui intervient.

La SFPI est un organe d’une importance capitale pour le fédéral. Et qui a pris une importance un peu plus stratégique encore depuis le vote, en décembre dernier, d’une loi qui supprime l’obligation pour l’État de détenir une majorité d’actions dans les entreprises publiques.

Le gouvernement Michel n’a jamais caché - c’est dans l’accord de gouvernement - vouloir réfléchir à l’avenir des participations de l’État dans différentes entreprises. On sait également que le fruit de l’éventuelle vente d’une participation ne servira pas à renflouer les caisses de l’État, mais à baisser la dette belge, ce qui compte lors de l'examen du budget par l'Europe.

On se souvient enfin du ramdam provoqué par les déclarations de l’ancien ministre des Entreprises publiques, le PS Jean-Pascal Labille, dans Matin Premiere, où il annonçait que bpost allait perdre son statut public, suite à la vente d’actions. Bpost négociait avec PostNL, des négociations qui, finalement, capoteront. Et au sein de la majorité fédérale, ils sont peu nombreux à ne pas blâmer le patron de Solidaris.

Retour d’une libérale

Bref, le retour forcé de Laurence Bovy, l’ancienne cheffe de cabinet au long cours de la socialiste Laurette Onkelinx, à la tête du Conseil d’administration de la SFPI, avec un mandat courant jusque 2018, n’était pas du goût du gouvernement Michel. Qui après avoir encaissé une petite claque du Conseil d’Etat, qui notait l’absence de "la moindre motivation formelle quant aux raisons pour lesquelles l'exercice de cette fonction par l'intéressée (Laurence Bovy) n’était plus souhaité", remet le couvert.

Ce jeudi, en Conseil des ministres, Johan Van Overtveldt va déposer trois arrêtés royaux, selon un document que nous avons pu consulter.

Le premier arrêté royal met "fin au mandat de président de la Société fédérale de participations et d’investissement". Le deuxième A.R. porte sur "la nomination d’un président du Conseil d’administration de la Société fédérale de participations et d’investissement". Un dernier arrêté royal porte sur la nomination d’un membre du CA.

On peut donc s’attendre au retour à la présidence de Laurence Glautier, la cheffe de cabinet d’Olivier Chastel à la présidence du MR. On notera que Laurence Glauthier n’a pas modifié sa page LinkedIn faisant référence à son ancienne fonction de présidente du CA de la SFPI, alors que le retour de Laurence Bovy, fin avril, a rétrogradé la libérale au poste de "simple" administratrice, comme en témoigne la composition du Conseil d'administration sur le site de la SFPI.

Cette fois-ci, on imagine que les juristes du 12, rue de la Loi ont pris toutes leurs précautions pour que le Conseil d’État ne trouve plus rien à redire à l’éviction de Laurence Bovy, en cas de contestation.

@Himad

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