La Wallonie peut-elle endosser l'habit de marchand d'armes?

En octobre 1997, La Région wallonne est devenue propriétaire de la Fabrique Nationale de Herstal pour préserver la société d’une vente aux conséquences désastreuses. Depuis lors, la nature des activités de la FN met régulièrement les pouvoirs publics dans des positions embarrassantes; la question de l’actionnariat revient à l’ordre du jour chaque fois qu’un marché de livraison pose problème.
Cette fois, c’est l’Arabie Saoudite qui met la FN en point de mire et le cdH a exigé un débat en séance plénière ce mercredi au Parlement wallon.

La vision cdH…
Entre partenaires de majorité, on n’est pas exactement sur la même longueur d’ondes. Le chef de groupe cdH, Dimitri Fourny, martèle que la Région wallonne ne peut pas rester le seul propriétaire de la FN. Il ne va pas frontalement à l’assaut du PS. Mais il espère faire passer dans les rangs socialistes l’idée de réintroduire le privé dans l’actionnariat. A plus long terme, dit-il, cela permettrait de diversifier les activités.

… se cogne aux vues du PS
Du côté PS, on rappelle que la Fabrique Nationale procure des dividendes à la Région et qu’elle fournit un emploi local à près de 1.400 personnes et à des milliers de sous-traitants dont le sort serait moins sûr si l’actionnaire de référence était privé voire, peut-être, étranger. Et si l’on vend, estime Christophe Collignon, on perdra tout contrôle.

Contrôle? Vraiment?
La Région risque en effet de perdre son influence sur la politique de la société. Quoi que… Le GRIP, le Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la sécurité qui scrute le commerce des armes estime que, si la Région est particulièrement bienveillante à l’égard de la FN et y réinvestit la plus grande partie des bénéfices, elle n’est, en revanche, guère active sur la politique du groupe, qu’elle pèse peu sur sa stratégie. Son contrôle est ailleurs, sur la destination des armes, la délivrance des licences d’exportation.

Le problème éthique
Le débat, ce mercredi, ne sera, cela dit, peut-être pas si vif qu’on pourrait l’imaginer entre partenaires de majorité. Du moins sur la vision entrepreneuriale. Le Ministre socialiste Jean-Claude Marcourt a d’ailleurs entrouvert une porte en déclarant que s’il trouve un candidat prêt à développer le site de Herstal et à y garantir l'emploi, un partenariat sera possible.
En revanche, si difficultés il y a lors de la séance plénière, elles viendront sans doute de cette autre question qui renvoie dos à dos, sans jamais le trancher, le conflit économie contre éthique, emplois locaux contre droits de l’homme dans des pays lointains.

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