La Wallonie lance son Plan Horizon 2022 pour accélérer son redressement

Le gouvernement Demotte lance son Plan Horizon 2022
Le gouvernement Demotte lance son Plan Horizon 2022 - © Belga

Le gouvernement wallon a annoncé ce jeudi matin le lancement du Plan Horizon 2022. Un plan qui va définir une série d'objectifs très précis à atteindre pour le redressement de la Wallonie, en accord avec les patrons et les syndicats.

Ce n'est pas la première fois que la Wallonie se dote d'une sorte de contrat d'objectifs. Ne citons que les plus récents, le Contrat d'Avenir puis le Plan Marshall suivi de sa version "2.vert". Cette dernière version est censée arriver à échéance en 2014. Hasard du calendrier institutionnel, 2014 est aussi l'année qui devrait voir les premiers transferts de compétences inscrits dans la nouvelle réforme de l’État.

La Wallonie le sait, il lui reste dix ans pour accélérer significativement son redressement. Dix ans de flux financiers entre le Nord et le Sud. C'est dans ce contexte que va être lancé ce Plan "Horizon 2022" ou 20.22 comme le disent déjà certains au sein du Gouvernement régional.

Le Plan contient une liste d'objectifs très précis à atteindre en une décennie: objectifs socio-économiques, budgétaires et institutionnels.

Les partenaires sociaux seront associés à la démarche pour "actualiser" le Plan Marshall en fonction du contexte qui a évolué. Dix ans, c'est finalement très court.

Le gouvernement de Rudy Demotte promet donc de dévoiler les premiers axes du Plan Horizon 2022 pour la Wallonie dans les prochains mois.

L'Union wallonne des entreprises heureusement surprise

L'administrateur-délégué de l'Union Wallonne des Entreprises (UWE), Vincent Reuter, s'est déclaré "heureusement surpris" par le message du ministre-président wallon : "Il y a là un certain nombre de préoccupations que nous avons pointées", a-t-il expliqué.

Vincent Reuter a épinglé le lien avec Bruxelles, réaffirmé mercredi par le président de l'UWE Jean-Pierre Delwart, mais aussi les réformes des structures. Le discours de Rudy Demotte a sonné pour certains comme une réponse à Jean-Claude Marcourt sur la Fédération Wallonie-Bruxelles et la régionalisation de l'enseignement. Les patrons wallons pointent quant à eux du doigt la multiplication des structures dans le paysage économique wallon (associations, intercommunales, etc.).

"On devra dresser un grand inventaire. Dans des circonstances budgétaires difficiles, il faudra faire des économies dans le secteur public. Cela doit notamment provenir d'une diminution du nombre de structures en Wallonie", a-t-il souligné.

Les plans n'ont pas manqué en Wallonie depuis 2000 et le Contrat d'Avenir. Aujourd'hui, une dynamique "Horizon 2022" est mise à l'honneur. "Pour la première fois, nous avons une date butoir imposée par la réforme de l'Etat. C'est en quelque sorte l'élément accélérateur qui manquait. Quel que soit l'appellation qu'on lui donne, il fallait de toute façon un nouveau plan pour tenir compte des nouvelles compétences que recevra la Wallonie et de la révision de la loi de financement", a fait remarquer Vincent Reuter.

FGTB : le message de Demotte va dans le bon sens

Le message adressé par Rudy Demotte aux partenaires sociaux va dans le bon sens, estime le secrétaire général de la FGTB wallonne, Thierry Bodson : "Le plan Marshall 2.vert court jusqu'en 2014, date à laquelle les transferts de compétences seront effectifs. Il faut donc une mise à jour, en tenant compte de la nouvelle donne. On ne peut pas se contenter d'avoir une réflexion sur la façon dont on va réceptionner les nouvelles matières. Il faut aussi définir les priorités politiques que l'on souhaite prendre", a souligné Thierry Bodson.

Le syndicaliste voit d'un bon oeil la volonté d'associer les partenaires sociaux à cette dynamique "Horizon 2022", tant sur les priorités que sur les aspects opérationnels. Le Conseil Economique et Social de la Région Wallonne (CESRW), qui réunit les partenaires sociaux, a d'ailleurs déjà produit une série de notes sur la question, a-t-il indiqué.

L'appel lancé par Rudy Demotte intervient après une polémique née des propos de Jean-Claude Marcourt sur les défis qui attendent la Wallonie, la "déconstruction-reconstruction" de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans ce cadre et la régionalisation de l'enseignement.

La FGTB wallonne est favorable de longue date à la régionalisation de cette compétence. "Si tout le monde n'est pas aussi clair que nous, chacun s'accorde à dire qu'aujourd'hui l'architecture actuelle, ne permet pas à l'enseignement d'avoir sa place dans un projet socio-économique", a souligné Thierry Bodson.

Avec Rudy Hermans et Belga
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK