La Wallonie: encore 10 ans pour se remettre?

Percer l'avenir de la Wallonie
Percer l'avenir de la Wallonie - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Dix ans pour se remettre en selle et revenir dans le peloton de tête: c’est le défi de la Wallonie. Dans 10 ans en effet, les principaux mécanismes de solidarité intra-belges seront définitivement stoppés. Mais la Wallonie aura-t-elle le temps et les moyens de refaire son retard?

En 1980, la Région Wallonne tenait sa première assemblée. Il s’agissait déjà alors de redresser la barre d’un bateau national qui, aux yeux wallons, était trop favorable aux intérêts flamands.

Pourtant, une fois dans les mains wallonnes, les décisions manqueront d’une vision élaborée et embrassant toute la Wallonie. Didier Van Caillie, économiste à HEC-ULg le rappelle : On s'est englué dans une logique d'éparpillement des moyens.

Sous-régionalisme

Donc un manque de vision stratégique pimenté de sous-régionalisme! Il faudra attendre 1999 pour que le gouvernement élabore un premier "Contrat d'Avenir" réellement wallon. Puis, viendront le Contrat d’Avenir actualisé, le Plan Marshall, le Marshall 2 point vert et, aujourd’hui, Marshall 2022.

Mais voilà ! Quinze ans après le lancement des ces opérations de sauvetage, la Wallonie patauge toujours; les gouvernements demandent de la patience et s'appuient encore sur les mêmes "signes encourageants" pour proclamer leur optimisme. 

Méthode Coué

Alors, une question turlupine: Est-ce tenable ? Combien de temps faudra-t-il pour enfin prendre la mesure de progrès sensibles ? Philippe Destatte, qui dirige le centre de réflexion wallon qu'est l’Institut Jules Destrée, estime qu'"on peut dire aux gens: 'faites des efforts pendant 10 ans et puis on reviendra à un niveau comparable au reste de la Belgique' mais on peut difficilement dire, comme on risque de le faire, 'il faut encore attendre 20 ou 30 ans'..."

Bref, la Wallonie réclame des résultats. Et il faudra les fournir alors que la Région dispose de plus de pouvoirs... mais paradoxalement de moins de moyens. Si on y ajoute l’inévitable tension qui va se créer avec un gouvernement fédéral d’un autre bord politique, le défi est plus grand qu’il n’a jamais été et l'optimisme cherche où il peut encore s'appuyer. Que dire alors des appels à la mobilisation !

Carl Defoy

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