La Wallonie en semi-coma institutionnel?

Petite cause pour gros effets. La députée wallonne Patricia Potigny quitte le MR pour rejoindre les listes Desthexe en vue des élections du 26 mai prochain et c’est tout l’édifice politique wallon qui tremble sur ses bases. Au risque de plonger la Wallonie dans un coma institutionnel jusqu’à la fin de la législature. Explications.

La majorité MR-cdH dans les choux

Certes, le gouvernement wallon MR-cdH disposait d’une majorité des plus étriquée. Avec 38 sièges sur 75, c’est dire si les députés de la majorité étaient priés de faire preuve d’assiduité lors des séances plénières. Or donc, avec le départ de Patricia Potigny, la majorité perd un siège. Le compte est bon comme dirait l’autre : la majorité MR et cdH ne dispose plus que de 37 sièges sur 75 au Parlement. A quelques semaines de la fin de la législature, la majorité wallonne va donc devoir avancer sur des sables mouvants, suspendue aux états d’âme de Patricia Potigny et au bon vouloir d’une opposition logiquement en embuscade.

Un être vous manque...

Autre effet de la défection de Patricia Potigny : la paralysie des commissions parlementaires.

Déjà à l’été 2017, après le changement de coalition en Région wallonne, la répartition des sièges en commissions du Parlement wallon posait problème. Avec 6 sièges, le PS était en mesure de bloquer les textes du MR (4) et du cdH (2). Pour sortir de l’impasse, la coalition avait alors sorti sa baguette magique et réduit de 12 à 10 le nombre de députés en commission. En vertu de la clef d’Hondt - la clef de calcul qui vise à donner à chaque parti le nombre de sièges proportionnel à son nombre de voix – la composition des commissions parlementaires s’établissait alors comme suit : 4 MR et 2 cdH contre 4 PS.

Aujourd'hui,  avec le départ de la députée MR, c’est en quelque sorte un retour à la case départ qui se profile. La défection de Patricia Potigny modifie en effet la représentation des groupes politiques au sein des commissions. Par le jeu de vases communicants (et de la clef d'Hondt), les commissions seraient constituées de 3 MR, 2 cdH contre 5 PS.

Conséquences : aujourd'hui, les commissions parlementaires sont à l’arrêt, impossible de facto de dégager une majorité.

Bis repetita?

Alors comment sortir de l’ornière ? C’était tout l’objet de la réunion du bureau et des chefs de groupe du Parlement wallon.  Une réunion qui finalement, faute d'alternative politique viable -  se solde par un statu quo. Demain, en séance plénière, le Parlement wallon actera la recomposition des commissions et puis - comme prévu - procédera au vote du texte qui réforme les aides à la promotion de l'emploi (APE).

La plénière, véritable champ de bataille?

Du coup, pour les quelques semaines qui restent avant la fin de la législature, tout se jouera en séance plénière. Rappelons que même si un texte reste bloqué en commission, l’Exécutif peut toujours le soumettre au vote en séance plénière, la où les rapports de force sont loin d’être figés.

En séance plénière, le quorum de présence obligatoire des députés est de 38 députés et les textes sont réputés votés à la majorité des suffrages plus 1. Le taux de présences dans les rangs parlementaires peut donc faire la différence.  Une carte que ne manquera pas de jouer la majorité MR-cdH,  elle qui compte bien faire passer deux de ses textes emblématiques avant la fin de la législature : la réforme des  APE – mise au vote donc demain mercredi en plénière – et l’assurance autonomie qui doit passer en commission dans une quinzaine de jours.

Bref, le Parlement wallon n'est plus très gaillard mais pas encore dans un état comateux... 

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