La voiture propre en Wallonie bien avant 2050

La voiture électrique, hybride ou à hydrogène bien avant 2050 sur les routes wallonnes? C'est le pari - sans engagement - du Gouvernement wallon
La voiture électrique, hybride ou à hydrogène bien avant 2050 sur les routes wallonnes? C'est le pari - sans engagement - du Gouvernement wallon - © ERIC LALMAND - BELGA

Les voitures diesel et essence sont-elles condamnées à disparaître d’ici 2050? En Flandre, les députés ont voté mercredi une résolution qui va dans ce sens : ils veulent qu'à cette date, on ne vende plus de voitures à moteur thermique chez eux.

Cette idée a-t-elle traversé la frontière linguistique? Oui, répond-on en Wallonie. Et mieux encore!

Plus vite, forcément!

En fait, le ministre de la mobilité, le cdH Carlo Di Antonio, s'étonne même de l'objectif flamand, bien trop éloigné, dit-il. Y aura-t-il d'ailleurs encore des véhicules à moteur thermique en 2050? Selon lui, c’est loin d’être sûr. Le Ministre-Président Paul Magnette abonde aussi dans ce sens. Il fait remarquer qu’il y a quelques années, l’Europe avait programmé l'application des normes d’émission euro 4 pour 2020 alors qu’en fait, depuis 2014, les nouveaux véhicules répondent déjà aux normes euro 6. Bref, la progression vers des véhicules moins polluants est bien plus rapide qu’initialement imaginé parce que l'évolution galope dans le secteur automobile.

La Norvège incarne la nouvelle tendance

Il est vrai que la plupart des marques ont désormais dans leur gamme au moins une voiture électrique ou hybride. Certains constructeurs en annoncent même plusieurs. Le marché paraît de plus en plus porteur et un pays illustre particulièrement bien cette évolution.
Dans ce domaine, c'est la Norvège qui ouvre la voie : 90 000 véhicules électriques et 27 000 hybrides rechargeables circulent actuellement dans ce pays qui est pourtant… le premier producteur pétrolier européen.

Des mesures incitatives

Et si le marché de la voiture électrique s’est si bien développé en Norvège, c’est que l’état y a mis les moyens. Les propriétaires de véhicules électriques sont exemptés de taxes. Ils sont exonérés de péages sur les autoroutes. Ils ne paient pas davantage lorsqu’ils embarquent sur les ferries et ils ont le droit d’emprunter les couloirs de circulation réservés aux bus. Le pays envisage même l’interdiction de la vente des véhicules à essence dès 2025, soit 25 ans avant la Flandre.
Cela étant, il faut être de bon compte : en 2011, la Flandre a tout de même fait un premier pas. Ceux qui y achètent des véhicules peu polluants voient leur taxe de mise en circulation réduite, voire même supprimée pour les véhicules électriques, hybrides ou à hydrogène.

Qu’attend la Wallonie?

En revanche, en Wallonie, peu a été fait pour inciter les conducteurs à choisir des voitures émettant moins de CO2, si ce n’est alourdir les taxes sur les plus polluants. Le Gouvernement régional souhaite surtout donner l’exemple, dit le ministre Di Antonio, puisqu'il a été décidé que l’administration s’équiperait pour moitié de véhicules hybrides ou électriques.

De son côté, le ministre Lacroix s’apprêterait à revoir la fiscalité automobile en privilégiant les moins polluantes. C’est pour 2017, paraît-il. Mais la même promesse avait déjà été faite pour 2014.

A ce jour, pour limiter les véhicules les plus polluants, il faut donc constater que les pouvoirs publics wallons tablent plutôt sur une évolution naturelle de l’offre que sur des mesures incitatives. Quand bien même ils sourient des ambitions flamandes!

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