Absence d'accord climat: la température politique est montée d'un cran

La température est à nouveau montée d'un cran jeudi au parlement
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La température est à nouveau montée d'un cran jeudi au parlement - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les échanges ont à nouveau été houleux jeudi à la Chambre, sur fond de négociations climatiques intrabelges difficiles et de relance du nucléaire, après des semaines d'une relative accalmie en raison des appels à l'union nationale après les attentats de Paris et leur prolongement judiciaire en Belgique.

Hommage

La séance avait commencé dans la sérénité avec un hommage aux victimes des attentats qui ont frappé le monde en 2015, et singulièrement aux huit Belges tombés depuis le début de l'année. Le Premier ministre Charles Michel et le président de la Chambre Siegfried Bracke ont assuré les familles présentes de toute la sympathie des autorités fédérales et des élus.

Mais cet hommage à peine rendu, la crispation a repris le dessus après les dénonciations d'une partie de l'opposition francophone reprochant à la N-VA de torpiller toute tentative d'accord et de porter atteinte à la crédibilité de la Belgique, avec la complicité du Premier ministre Charles Michel. D'autres questions sur l'accord conclu avec Electrabel sur l'avenir énergétique du pays ont contribué à remonter encore d'un cran la température, plusieurs députés reprochant aux libéraux de veiller à la mise en place d'un "monopole nucléaire" dans un contexte teinté d'opacité.

Le Premier ministre et sa majorité ont invité chaque entité du pays à balayer devant leur porte et prendre leurs responsabilités, assurant que le gouvernement fédéral veillait à garantir la "stabilité" du pays et à jouer son rôle sur le plan climatique et énergétique, le tout dans la plus grande "transparence".

Dépêches Belga au bazooka

La séance s'est soldée par une passe d'armes par dépêches Belga interposées entre le Premier ministre Charles Michel qui a pointé le gouvernement wallon comme responsable du rejet d'une dernière proposition en matière de répartition de l'effort climatique et le ministre-président wallon Paul Magnette qui l'a accusé de "menteur".

La journée de jeudi avait déjà commencé dans un certain tumulte après une interview au Soir du chef de groupe MR Denis Ducarme reprochant à la "gauche" francophone d'avoir permis l'éclosion du "communautarisme". Des tensions étaient déjà apparues ces derniers alors que le fédéral et certaines communes se sont renvoyé la responsabilité d'un certain aveuglement face au phénomène du radicalisme.

Accord pour la fin de la COP21?

Charles Michel a appelé jeudi soir à "garder son sang-froid dans l'intérêt du climat" après cet échange tendu. Selon le Premier ministre, "avec un peu de bonne volonté, on doit pouvoir trouver un accord au plus tard avant la fin de la COP 21 à Paris".

"J'appelle plus que jamais l'ensemble des représentants des gouvernements respectifs à prendre pleinement leurs responsabilités", a indiqué Charles Michel à l'agence Belga. "Tout est sur la table, le travail technique a eu lieu. Il y a eu de nombreuses propositions et contre-propositions durant ces derniers jours", a-t-il précisé, rappelant l'intérêt de "tous les Wallons et tous les Flamands à trouver un accord entre les différentes entités".

Une réunion a lieu demain matin vendredi entre les différents cabinets ministériels concernés.

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