"La taxe sur le soda n'a qu'un but: rapporter de l'argent à l'Etat"

Ils sont très sucrés, ils ne désaltèrent pas et ils sont nuisibles pour la santé... mais voilà, rien n'y fait, nous le savons mais nous continuons massivement à en boire. Aujourd'hui le gouvernement veut taxer ces sodas qui contiennent beaucoup de sucre. La mesure devrait rapporter 50 millions d'euros par an aux caisses de l'Etat. Mais va-t-elle en faire baisser la consommation?

"Selon une étude scientifique, les comportements changent à partir d'une augmentation de 20 % du prix. En dessous de 20% même si on le trouve cher, on l'achète quand même", explique Patrick Mullie, professeur de diététique à la VUB. En fait, pour lui, la somme ainsi gagnée avec la taxe soda devrait surtout servir à diminuer les cotisations patronales sur le travail...

"Le but n'est pas de lutter contre l'obésité"

"Cette taxe n'a qu'un seul but, c'est de rapporter de l'argent. Le but n'est sûrement pas de lutter contre l'obésité, parce qu'il faudrait une stratégie globale. Il faudrait même lui déclarer une véritable guerre. Et si on veut gagner cette guerre, on doit mettre tous les moyens qui existent. Ce n'est pas le cas", complète Patrick Mullie. Selon lui, il faudrait par exemple utiliser cette somme pour faire plutôt baisser le prix des produits sains, comme les fruits, les légumes ou le lait.

"Un bon exemple, c'est la Finlande", lance-t-il. "Là, jusqu'à 18 ans, tous les élèves reçoivent un repas chaud gratuit offert par l'école, payé par l'Etat. Et comment le fiance-t-il? Par une taxe, qui est réinvestie dans une économie plus locale, ce qui permet d'offrir aux enfants des fruits des légumes et du lait entier, autrement dit un repas sain."

Au Danemark la taxe sur les produits gras, qui avait été décidée à grand renforts de publicité, a été annulée...

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