La taxe "sucre" abandonnée: un pharmacien adresse une lettre ouverte à Maggie de Block

La taxe "sucre" abandonnée: un pharmacien adresse une lettre ouverte à Maggie de Block
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La taxe "sucre" abandonnée: un pharmacien adresse une lettre ouverte à Maggie de Block - © JOEL SAGET - AFP

La taxe "sucre" qui devait rendre certains produits plus coûteux a finalement été abandonnée par le gouvernement Michel, annonçait l'Echo ce vendredi.

Pour rappel, en plus de la légère hausse des accises sur les sodas mise en application en 2016, les pâtes à tartiner, chocolats, céréales ou encore yaourts devaient s'ajouter à la liste des produits sucrés taxés dès 2017. Mais l'idée est finalement abandonnée car, explique-t-on, le gouvernement ne veut pas augmenter les charges sur le pouvoir d'achat. 

Nous sommes face à un fléau gigantesque

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Santé, un pharmacien déplore l'abandon de cette taxe et presse Maggie de Block de s'attaquer de toute urgence à l'un "des plus grands fléaux de notre époque": le sucre. Il explique: "Tenant officine dans un quartier qualifiable de pauvre (...) je suis chaque jour confronté à répondre à des patients diabétiques (de type 2), toujours plus nombreux, toujours plus jeunes."

Le pharmacien - qui se décrit lui-même comme un "idéaliste alimentaire" - prévient: "Nous sommes là face à un fléau gigantesque, à la fois en ce qui concerne l’espérance de vie, le confort de vie et le coût exorbitant en termes de sécurité sociale que cela induit." 

Il déplore le fait d'avoir "senti le frémissement d’un espoir de voir Fast Food, sodas, chips, biscuits, barres chocolatées ou, plus encore et plus pervers, plats préparés taxés de la même manière que le furent tabac et alcool, et cela pour le bien de tous." Et puis, ajoute-t-il, "las, ce matin (...) j’ai été contraint de lire 'qu’afin de ne peser encore plus sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens', vous aviez décidé avec la majorité fédérale d’enterrer la hache de guerre avant même qu’elle eut porté son premier coup."

Pour finir, il s'interroge: "Mais que diable, en quoi laisser le mal peser chaque jour sur la santé de vos gens et sur l’équilibre de la santé publique est-il une manière de ne pas peser sur le pouvoir d’achat ?"

Une taxe controversée

Précisons néanmoins que la taxe "sucre" était elle-même très controversée. Des questions se posaient en effet quant à son efficacité et ses effets réels sur la santé publique.

Patrick Mullie, professeur de diététique à la VUB, était déjà sceptique sur la taxe sur les sodas. Il commentait alors: "Selon une étude scientifique, les comportements changent à partir d'une augmentation de 20 % du prix. En dessous de 20% même si on le trouve cher, on l'achète quand même. (...) Cette taxe n'a qu'un seul but, c'est de rapporter de l'argent. Le but n'est sûrement pas de lutter contre l'obésité, parce qu'il faudrait une stratégie globale. Il faudrait même lui déclarer une véritable guerre."

Et en effet, l'abandon de cette taxe "sucre" a bien des conséquences budgétaires puisque, rapporte L'Echo, elle creuse un trou de 200 millions d'euros.

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