La taskforce "Vaccination" rassure sur les couacs dans l’envoi des convocations et sur l’utilisation des stocks de vaccins

La taskforce "Vaccination" a fait le point sur l’état de la campagne de vaccination en Belgique. L’occasion d’apporter des précisions après les couacs observés ces derniers jours dans l’envoi des convocations et dans l’organisation de la vaccination dans les centres de vaccination.

Des centres de vaccination bien plus vides que prévu par manque de convocations

Le centre de vaccination du Heysel en est un exemple. Cette semaine, c’était loin d’être la grande affluence prévue pour le démarrage de la campagne de vaccination. Ce sont, notamment, des couacs informatiques dans l’envoi des convocations qui expliquent que les personnes à vacciner ne sont pas venues.

En principe, il est prévu que les convocations avec l’invitation à se faire vacciner soient envoyées en même temps de trois manières : un courrier postal, un envoi par SMS et un envoi par e-mail. "Comme la phase de vaccination de la semaine dernière était destinée essentiellement aux professionnels de la première ligne, l’envoi s’est concentré essentiellement sur l’envoi électronique, c’est-à-dire SMS et e-mails. Et c’est là que le couac s’est passé puisqu’il y a eu des perturbations au niveau du processus électronique. Les Régions et Communautés ont donc tenté de palier ce problème en envoyant des courriers écrits permettant le rattrapage des invitations", explique Sabine Stordeur, la co-responsable de la taskforce vaccination.

"Maintenant, le processus IT est conforme à ce qui est attendu et devrait permettre de relancer le système pour l’étape suivante", rassure Sabine Stordeur.

A propos des doses qui dormiraient dans les frigos : "Des stocks en transit"

Ces derniers jours, des questions se sont aussi posées autour de doses de vaccins qui auraient été disponibles et n’auraient pas été utilisées. Le chiffre de 400.000 doses a même été cité. A ce sujet, la co-responsable de la taskforce "Vaccination" explique qu’il ne s’agit pas de stocks "dormants".

 Il faut plutôt y voir le résultat d’une grande prudence face à l’approvisionnement incertain du fabricant de vaccins AstraZeneca. "Comme vous le savez, les livraisons sont relativement incertaines au sujet du vaccin AstraZeneca", explique Sabine Stordeur.

En lançant les invitations, les centres de vaccination auraient d’abord voulu s’assurer d’avoir suffisamment de vaccins disponibles pour les personnes qui se présenteront. "Dans ce premier lancement des centres de vaccination, on s’est d’abord assuré d’obtenir les vaccins en stock, lancer les vaccinations avec les petits bugs de la semaine dernière. Cela a entraîné une certaine latence avant que les personnes se présentent dans les centres de vaccination pour se faire vacciner. Ces stocks qui sont, à l’heure actuelle, disponibles, ne sont absolument pas des stocks dormants, mais ils sont déjà planifiés pour être vaccinés, utilisés, la semaine prochaine et la semaine suivante. Dans les différentes Régions et Communautés du pays, dans les deux semaines prochaines, l’ensemble des doses qui ont été mises en stock sont prévues pour être vaccinées. C’est juste des doses qui sont en transit, planifiées pour la vaccination et absolument pas non attribuées".

Les stocks de vaccins disponibles seront écoulés au cours des deux prochaines semaines

Des questions se sont aussi posées sur les deux semaines qui s’écoulent entre l’arrivée des doses de vaccins d’AstraZeneca et l’injection de ces doses. Là aussi, la taskforce a une réponse. "Deux semaines, ce n’est pas trop. Nous avons fait concourir l’arrivée des vaccins AstraZeneca avec l’ouverture des centres de vaccination. Il faut choisir. Soit on lance l’ensemble des invitations et on n’a aucune certitude quant à l’arrivée des vaccins. Cela a pour risque de faire arriver des milliers de personnes par jour dans les centres de vaccination et de ne rien avoir à leur proposer pour se faire vacciner", explique Sabine Stordeur. 

Comme il y a déjà eu des retards dans les livraisons de vaccins du fabricant Moderna, les messages allant dans le même sens chez AstraZeneca ont incité à la prudence. "Ce sont les Régions et Communautés qui assurent la planification de la vaccination. Elles ont donc voulu s’assurer d’avoir d’abord les munitions avant de partir en guerre pour lancer la campagne de vaccination dans les centres de vaccination. Alors, oui, ça eut paraître long, deux semaines, maintenant on sait que les vaccins sont disponibles, que la motivation de la population croît par rapport à cette vaccination. Donc, les vaccinations pourront démarrer la semaine prochaine avec les invitations accélérées qui ont été lancées. Dans les communautés et régions, les plannings de vaccination sont pleins pour les deux prochaines semaines, ce qui permettrait d’absorber les stocks qui ont été constitués au cours de ces deux semaines", poursuit Sabine Stordeur, de la taskforce vaccination.

Le vaccin d’AstraZeneca pourra peut-être être administré au-delà de 55 ans

La taskforce "Vaccination" attend avec intérêt les résultats d’études en cours sur les effets du vaccin d’AstraZeneca sur les personnes âgées de plus de 55 ans. Jusqu’à présent, le Conseil supérieur de la Santé recommandait, en l’absence de données, de n’utiliser ce vaccin que pour les 18-55 ans, mais une vaste étude récente, menée en Ecosse, donnerait d’autres perspectives. 

"Entretemps des données d’efficacité en Ecosse, notamment, nous sont parvenues et feront l’objet d’une analyse au début de la semaine prochaine au Conseil Supérieur de la Santé qui fournira certainement ses recommandations au ministre Vandenbroucke qui les a demandées, mais aussi à la taskforce force", explique Jean-Michel Dognée, directeur du département de pharmacie de l’UNamur et membre de la taskforce. 

"Ce sont des données en vie réelle qui concernent des centaines de milliers de personnes qui ont été vaccinées au travers de toutes les catégories d’âge, comprenant beaucoup plus de personnes âgées de plus de 65 et de plus de 80 ans et qui tend à démontrer une efficacité de ce vaccin dans ces groupes d’âge", ajoute Sabine Stordeur, la co-responsable de la taskforce. La taskforce attend un éventuel avis du Conseil supérieur de la Santé pour ajuster la stratégie de vaccination.

Journal télévisé de 19h30 le 27/02 :

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