La success story du fondateur de MolenGeek, Ibrahim Ouassari, "les héros de la vie, ce sont ceux qui ne lâchent pas"

Ibrahim Ouassari, c’est l’histoire d’un self-made-man. A 13 ans, le Molenbeekois arrête l’école. Aujourd’hui, cet autodidacte est à la tête de quatre entreprises, dont l’association MolenGeek. Il fait désormais partie du conseil d’administration de Proximus. Une success story à la belge.

J’étais une déception pour mes parents

Pourtant, le Molenbeekois n’a pas toujours brillé. A 13 ans, il quitte l’école. "J’ai vraiment vécu cette période seul. C’était très dur. Je suis l’avant-dernier d’une famille de huit, j’ai un frère ingénieur, une sœur diplômée de l’université de Cologne, donc j’avais vraiment des modèles. J’étais une déception pour mes parents."


►► A lire aussi : Le fondateur de MolenGeek, Ibrahim Ouassari, fait son entrée au conseil d’administration de Proximus


Le cofondateur de MolenGeek regrette de ne pas avoir eu, à l’époque, d’autres perspectives d’avenir. C’est pourquoi il aide aujourd'hui les jeunes à se former dans le secteur de la technologie, peu importe leur origine ou leur bagage scolaire. 

"Les héros de la vie, ce sont ceux qui ne lâchent pas, ceux qui continuent à y croire et à croire en eux-mêmes." Ibrahim Ouassari admire ceux qui arrivent à tout remettre en question du jour au lendemain et à changer de vie. 

Figure de diversité chez Proximus

A en croire son histoire, Ibrahim Ouassari non plus, n’a rien lâché. Jusqu’à faire une entrée fracassante chez Proximus début avril. "Au-delà du symbole que ça représente par rapport à qui je suis, d’où je viens et mon parcours académique chaotique. C’est quelque chose d’important pour moi car je pourrai apporter une autre vision à ce conseil d’administration qui manque de diversité en termes de background", explique-t-il.

Je suis en totale indépendance par rapport à mes idées.

Cette entrée a donc fait du bruit, d’autant plus que c’est via le MR qu’Ibrahim Ouassari a été proposé au conseil d’administration de Proximus. Pour autant, il ne se sent pas lié au parti. "C’est quelque chose qui a été défini avec Georges-Louis Bouchez dès le départ. Je suis en totale indépendance par rapport à mes idées. Ce sont mes compétences et ma vision qui l’intéressent."

Il n’a pourtant pas hésité à sauter le pas dès qu’on lui a proposé. "Je n’ai pas eu trop le choix d’accepter. Parce qu’à partir du moment où je refusais l’opportunité, je ne pouvais pas me plaindre du manque de diversité par la suite."

La genèse : MolenGeek

C’est surtout par MolenGeek qu’Ibrahim Ouassari s’est fait connaître. Et pas uniquement en Belgique. L’association à but non lucratif fondée en 2015 connaît désormais un certain succès à l’étranger. "Parce qu’on a les mêmes problématiques partout dans le monde. On a un manque d’accessibilité aux technologies. Il y a un grand nombre de jeunes qui sont en décrochage scolaire."


►►► A lire aussi : Facebook fait un don de 30.000 euros à MolenGeek


Les jeunes sont séduits, et le parton de Google aussi. MolenGeek obtient le soutien financier de Google. Mais encore une fois, Ibrahim Ouassari n’a pas peur de perdre son indépendance. "On a des conditions claires, pour recevoir cet argent. On est en totale indépendance. Ils demandent un retour pour cet argent, et ce sont les personnes formées."

Pousser les jeunes vers le haut

Lui qui représente le MR au conseil d’administration de Proximus n’a pas eu peur de dénoncer la position de Georges-Louis Bouchez par rapport à la commissaire du gouvernement Ihsane Haouach. "Il y a des débats où je ne peux pas ne pas prendre position. Je travaille avec des gens qui portent le voile, ou pas. Et moi je ne suis pas pro voile, je suis pro choix."

"Il y a vraiment une nouvelle génération de jeunes belges qui côtoient des gens de toutes origines, voilés ou pas", explique le cofondateur de MolenGeek. Une nouvelle génération qui dépasse tous les clivages.


►►► A lire aussi : Le patron de Google rend visite à l'association Molengeek et lui octroie 200 000 euros


Et d’après lui, les choses changent, "là où j’étais la seule personne d’origine africaine dans un service IT de 200 personnes, maintenant il y en a beaucoup plus. Là où au départ il avait du mal à avoir un petit sponsor, maintenant on a Google, Proximus, Samsung."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK