La société AVROX perquisitionnée, la justice veut faire la lumière sur les conditions d'octroi du marché des masques de la Défense

La société AVROX perquisitionnée, la justice veut faire la lumière sur les conditions d'octroi du marché des masques de la Défense
La société AVROX perquisitionnée, la justice veut faire la lumière sur les conditions d'octroi du marché des masques de la Défense - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Plusieurs perquisitions ont eu lieu en Europe, ce mardi, en lien avec l’achat de masques Avrox par l’Etat belge, dans le cadre d’une instruction ayant pour objet des préventions de faux et usage de faux, escroquerie, blanchiment et entrave à la liberté des enchères, selon une information du quotidien Le Soir confirmée dans l’après-midi par le parquet de Bruxelles. Ce dernier se refuse à ce stade à faire de plus amples commentaires.

Pour rappel, l’Etat belge a acheté, il y a environ un an, 15 millions de masques en tissu auprès de la société luxembourgeoise Avrox, pour près de 32 millions d’euros, dans le cadre d’un marché public lancé par la Défense.

Soupçons d'irrégularités dans l’attribution du marché

Ce qui pose question au départ de l’enquête, ce sont les circonstances dans lesquelles la société AVROX a été choisie alors qu’elle ne disposait pas de référence en la matière. L’une des conditions d’octroi était d’avoir déjà fourni au moins 250.000 masques en étoffe à un autre client. Avrox avait alors fait état d’une commande d’un million de masques à un autre pays en 2020, tout en demeurant discret sur l’identité de l’acquéreur approvisionné.


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S’agirait-il d’un montage destiné à répondre à cette condition de l’appel d’offres ? Au fil du temps les soupçons se sont nourris d’un ensemble d’éléments apparus au grand jour par des investigations journalistiques. La justice a dans la foulée ouvert une enquête au départ d’une série de soupçons sur les conditions d'attribution du marché. Le parquet de Bruxelles est épaulé dans ce dossier par l’Office central pour la répression de la corruption (OCRC).

Les perquisitions coordonnées par Eurojust (Unité de coopération judiciaire de l’Union européenne) ont notamment eu lieu au Grand-Duché du Luxembourg, où se situe le siège social d’AVROX.

Qualité douteuse des masques pour la santé publique selon Sciensano, leur usage déconseillé

Le 23 février dernier, la RTBF avait lancé un pavé dans la mare en pointant la possible toxicité de ces masques en raison de la présence de nanoparticules de nitrate d’argent dans ces masques blancs en tissus. Ils ont depuis lors été retirés de la circulation. 


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Selon la ministre de la Défense, interrogée sur notre plateau, les marchés publics relatifs à ces masques "n’ont pas été mal faits" puisque la Cour des comptes avait donné son feu vert et que le Conseil supérieur de la santé avait émis un avis favorable de conformité. " Quand j’ai pris mes fonctions en octobre", ajoutait Ludivine Dedonder, "il restait un stock de 7 millions de masques dans une caserne. J’ai interrogé les entités fédérées sur leurs besoins et j’ai avancé l’idée de les distribuer à la population via les centres de vaccination.".

 C’est à ce moment-là que Sciensano a publié une étude complémentaire dans laquelle il est question de la possible toxicité des masques et a préconisé de ne plus les utiliser en attendant le résultat final de l’étude.

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