La SNCB "n'a jamais été utilisée comme instrument pour améliorer la mobilité"

La SNCB "n'a jamais été utilisée comme instrument pour améliorer la mobilité"
La SNCB "n'a jamais été utilisée comme instrument pour améliorer la mobilité" - © Tous droits réservés

La semaine dernière, la CEO de la SNCB Sophie Dutordoir s'est montrée très critique sur la culture d'entreprise de l'entreprise publique. "Trop forte hiérarchie, des silos internes déconnectés les uns des autres, une culture de l'écrit qui prime sur le dialogue, absence de mobilité interne, gestion inappropriée de projets", a-t-elle dénoncé.

Qu'en pensent les responsables syndicaux de la SNCB? "Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas et qu'on dénonce depuis des années", concède Marianne Lerouge, responsable générale à la CSC-transcom au micro de La Première. 

Chaque ministre a voulu utiliser la SNCB comme jouet

Selon elle, les responsables politiques sont à pointer du doigt. La SNCB, "n'a jamais été utilisée comme un instrument pour améliorer la mobilité en Belgique mais comme un outil pour ajuster le budget ou encore pour créer politique volontariste d'emploi. De législature en législature, chaque ministre a voulu laisser son empreinte et utiliser la SNCB comme jouet et pas améliorer la mobilité". 

Que penser du plan d’investissement de 3 milliards d'euros d'ici 2020 mis en place par le gouvernement fédéral? Pour Marianne Lerouge, c'est une "bonne nouvelle", mais la responsable générale à la CSC-transcom regrette "le premier plan d'investissement, qui était de 26 milliards. Il a été balayé, notamment par Jacqueline Galant (MR)." Et déplore le manque de visibilité sur le long terme: "Le ferroviaire a besoin d'investissements sur 20-30 ans". 

Moins de hiérarchie, moins de filiales, moins de consultance 

L'avenir effraie justement Michel Abdissi, président national de la CGSP-cheminots: " D'ici 2020, le nombre de départs à la retraite sera de plus ou moins 10.000. On espère avoir 4.000 recrutements. Cela fait 6.000 personnes en moins. Comment voulez-vous relever des défis dans ces conditions? "

"Si des efforts doivent être réalisés, ça doit être autrement que sur le dos du personnel", dénonce Marianne Lerouge. La solution? "Moins de hiérarchie, moins de filiales, moins de consultance, il y a pas mal de nettoyage à faire. Nous demandons un audit de tout l'argent utilisé - payé par le citoyen - pour vérifier s'il est bien utilisé au sein de cette entreprise".

Service minimum synonyme de "chaos maximum"

Il y a une semaine, le projet de loi visant à instaurer un service minimum à la SNCB lors de mouvements de grève a été approuvé à la Chambre. Ce projet prévoit la "continuité du service de transport ferroviaire de personnes en cas de grève".  Mais pour Marianne Lerouge, ce service minimum est synonyme " chaos maximum".

"On va se retrouver avec beaucoup moins de trains alors qu'on est déjà à saturation aux heures de pointe. Au lieu d'avoir trois trains, on en aura un. Le service minimum - on le voit en France - ne fonctionne que lorsqu'il s'agit de petites grèves localisées. Mais à grande échelle, ça ne marche pas." 

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