"La situation est nettement pire que le 18 mars, qui était le début du lockdown"

Est-ce une deuxième vague ou un tsunami qui nous attend? Nos hôpitaux pourront-ils faire face? Nos écoles pourront-elles rester ouvertes? Le ministre fédéral de la santé, Frank Vandenbroucke, est l'invité de CQFD ce lundi pour faire le point sur ces questions. 

Un pic d'hospitalisations dépassé dès la semaine prochaine?

Au rythme actuel, le nombre de contaminations double tous les huit jours, et les hospitalisations toutes les semaines. Samedi dernier seulement, 351 patients ont été hospitalisés dans le pays. Si on double ce chiffre, cela donne plus de 700 hospitalisations journalières et dépasse le pic de la première vague. Est-il déjà trop tard pour éviter un pareille vague? "Il n'est jamais trop tard. Mais il y a vraiment urgence", réagit Frank Vandenbroucke.

"Un doublement est un mécanisme extrêmement dangeureux", poursuit le ministre de la santé, "on n'est pas encore là mais on est très proche du tsunami. Le stress sur le personnel soignant déjà très fatigué et sur les médecins en première ligne devient énorme. A Bruxelles et en Wallonie, on est déjà en moyenne à un tiers des lits en soins intensifs occupés par des patients Covid-19. Les hôpitaux seront déjà contraints de reporter des interventions non urgentes. Mais le grand drame, c'est pour les interventions urgentes, si ces interventions doivent être reportées, c'est une catastrophe sanitaire". 

On a voulu réconcilier lutte contre le virus et contre l'isolement des gens

Frank Vandenbroucke le reconnait: "La situation est pire que le 18 mars, nettement pire qu'en début de lockdown, mais nous avons voulu réconcilier la lutte contre le virus avec un autre combat: la lutte contre l'isolement des gens. Nous ne voulons pas isoler totalement les gens."

"Comment aider notre personnel soignant? En étant beaucoup plus stricte et prudent. Protégez-vous, protégez vos proches, afin de ne pas être contaminé, de ne pas devoir être hospitalisé, de ne pas venir prendre le lit d'une personne qui en a plus besoin. On a une chance de réussir si on est stricte pour soi-même et pour ses proches. Se protéger est une question de sagesse, pas de faiblesse", affirme le ministre.

Après l'Horeca, les écoles?

Frank Vandenbroucke revient sur la décision de fermer l'Horeca durant un mois. "On devait agir sur l'Horeca, je comprends l'état de choc et la colère du secteur, c'est une décision extrêmement douloureuse. Et elle est injuste. Ils ne sont pas coupables. Le vrai débat, c'est qu'il faut limiter au maximum le nombre de contacts humains, et nous ne voulons pas faire ça en fermant les écoles, ni en fermant toutes les entreprises. Il y a d'autres dimensions de notre vie où les contacts organisés ne sont pas totalement nécessaires, et c'est le cas des cafés et restaurants [...] Il y a suffisamment d'évidence scientifique pour dire que s'il y a des contacts entre personnes autour d'une table, c'est un contexte qui se prête à la transmission, même si on fait ça de façon extra prudente, ce que le secteur a fait".

Et les écoles? L'ancien ministre de l'éducation en Flandre renvoie ici la responsabilité aux niveaux communautaires: "Moi en tant que ministre fédéral, je n'ai aucune compétence, et même, c'est aux acteurs de terrain de bien comprendre ce qu'ils doivent faire. J'espère qu'on pourra continuer à donner cours à nos enfants, car c'est absolument nécessaire. Il y aura des adaptations nécessaires, des précautions supplémentaires à prendre, et je sais le stress et la nervosité que cela peut représenter. C'est une mission qu'il faut essayer de continuer dans les jours et semaines qui viennent. Tout ce que moi je peux faire pour aider ce secteur, c'est dire aux citoyens: protegez-vous!", rappelle-t-il encore.

On ne peut malheureusement pas lancer les tests salivaires du jour au lendemain

Suite à une réunion des ministres de la santé du pays cet après-midi, plusieurs mesures ont été prises pour tenter d'améliorer le testing et le tracingDésormais, les personnes qui ont été en contact avec un cas positif seront soumises à la quarantaine mais plus aux tests obligatoires. La piste d'une généralisation des tests salivaires était aussi sur la table mais elle reste à ce stade à l'étude.

Frank Vandenbroucke s'en explique: "ce n'est pas pour les semaines à venir. Il faut d'abord être sûr de la validité de ces tests, c'est une question d'analyse scientifique toujours en cours. Deuxièmement, s'ils sont validés, où les utilise-t-on de façon prioritaire? Comment lier les résultats de ces tests avec les sytèmes informatiques? Comment organiser toutes l'infrastructure et la logistique? C'est frustrant mais ça va demander des semaines, on ne peut pas lancer cela du jour au lendemain", conclut le ministre.

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