La situation des réfugiés au parc Maximilien empire: appel aux dons et aux bénévoles

La situation des réfugiés au parc Maximilien empire: appel aux dons et aux bénévoles
La situation des réfugiés au parc Maximilien empire: appel aux dons et aux bénévoles - © Tous droits réservés

Le "Point de vue" de matin Première évoquait les événéments récents survenus au parc Maximilien à Bruxelles, à deux pas de l’Office des étrangers. La situation des candidats réfugiés ne s’y améliore pas.

Lundi à sept heures, les policiers arrivaient en effet au parc Maximilien et rassemblaient les sacs de couchage. "Une confiscation en vue de leur destruction", affirment les associations de soutien aux réfugiés. "Un simple ramassage d’objets abandonnés ", nuance la police. Mais quoi qu'il en soit, l'intention est claire: intimider les occupants, une sorte de guérilla psychologique pour leur faire comprendre qu’il n’est pas question de s’installer ici.

La méthode est simple, il suffit de quelques uniformes qui commencent un contrôle d’identité pour qu’évidemment des personnes sans papiers prennent la poudre d’escampette. Il n’y a alors plus qu’à ramasser ce qu’ils ont laissé sur place.

La première fois que la RTBF avait réalisé un reportage au parc Maximilien cette année, c’était le 6 juillet. On y avait découvert des centaines de personnes dormant à même le sol, "sacs de couchage, simples couvertures, cartons, allongés au pied des immeubles, le long d’un buisson, sous un arbre, pas de sanitaires, pas de point d’eau, pas de cuisine, obligation de faire ses besoins devant les autres, des détritus partout, une odeur insoutenable par endroit " avaient expliqué les reporters qui étaient rentrés choqués de ce qu’ils avaient vu ce matin-là.

Des centaines de migrants dorment au parc Maximilien à Bruxelles

Des centaines de migrants, 400 selon les associations, dont des mineurs, campent de nouveau dans le parc Maximilien à Bruxelles. Il y a deux ans, des centaines de réfugiés y vivaient, dans un village de tentes, avant de pouvoir introduire leur demande...

Six semaines après ce premier reportage, le constat est que rien n’a changé, au contraire. Avec la multiplication des contrôles de police, les nuits au parc sont même plus difficiles qu’avant.

Le problème c’est qu’aucune autorité ne veut prendre ces personnes en charge: Irakiens, Somaliens, Érythréens, on parle de 500 personnes, quelques femmes, mais essentiellement des hommes, souvent assez jeunes. Certains n’excluent pas de demander l’asile en Belgique, mais la plupart attendent un hypothétique passage vers l’Angleterre. Et donc, pour le secrétaire d’État à l’asile, Theo Francken, ce sont des migrants de passage, ils ne sont pas demandeurs d’asile, il n’est donc pas dans ses obligations d’organiser un hébergement.

Ce qui se passe, c'est que Theo Francken et d’autres craignent surtout que ne se reproduise le scénario de 2015: il y a deux ans, on avait compté jusqu’à 5000 personnes au parc Maximilien, dix fois plus qu’aujourd’hui.

Tentes, baraquements de fortune, ce sont les ONG et une plateforme citoyenne qui avaient pris l’organisation en mains et cela ressemblait à un vrai camp de réfugiés au cœur de la capitale de l’Europe. Alors deux ans plus tard, pour éviter de se faire déborder à nouveau, les autorités confisquent les sacs de couchage: ils veulent éviter les regroupements, éviter que le phénomène ne devienne visible et éviter le débat politique. Mais tous ces évitements ne devraient pas nous faire oublier que ceux qui dorment à l’intérieur du sac restent des êtres humains.

Appel à l'aide

Nabil Moujahid lançait justement un appel à l'aide, lui qui tente de coordonner l’aide aux réfugiés du parc Maximilien au niveau nourriture et soins: "Il y a des donateurs, des citoyens qui donnent des vêtements, des sacs de couchage, des chaussures aussi, qui ne comprennent pas parce qu’ils se disent " je lui donne une paire de chaussures, deux jours après elles se retrouvent à la décharge". Au début, on est allé à la décharge les récupérer systématiquement, on lavait les vêtements, on lavait les sacs de couchage, les couvertures et les vêtements qu’on récupérait et on les redonnait, mais ce n’est pas viable à la longue"

Les bénévoles proposent leur aide via une page Facebook "Solidarité avec les réfugiés de la gare du Nord": "on a beaucoup de citoyens qui se proposent spontanément, de se mettre en groupe ou de venir parfois à une ou deux personnes et qui préparent 300, 400 parfois, jusqu’à 500 repas".

Il y a des gens qui viennent ponctuellement de Mons, de Liège, d'Ostende... "Ça commence plus ou moins à prendre forme, on devient un peu plus coordonné, puisque ça fait bientôt six mois que ce groupe de bénévoles est sur le terrain, mais c’est vrai que parfois c’est très compliqué. Certaines associations vont se mettre en place, ne sont pas encore vraiment sur place vraiment".

Chaussures, douches et médicaments

Les plus gros besoins concernent les douches ("on essaie d’envoyer 15 à 20 personnes par jour aux douches, chez DoucheFLUX"), les chaussures, et les médicaments: "On a beaucoup de malades. Ils n’ont pas l’habitude du climat, ils ne sont pas très bien couverts, la majorité n’a pas de vestes, ils n’ont pas de chaussures, donc ils tombent très vite malades. Et comme il n’y a pas vraiment de suivi médical et que beaucoup aussi ont cette peur d’aller à l’hôpital, ça pose problème".

Dans quelques jours, Nabil Moujahid va reprendre son travail d'enseignant, et sera beaucoup moins présent sur le terrain: "C’est pour ça que j’aimerais qu’il y ait plus de bénévoles, plus de bras, plus de roues aussi pour les emmener à l’hôpital, pour les emmener chez le médecin, à la douche, etc. Ce serait une bonne chose. J'espère vraiment que soit les autorités, parce que c’est à eux de prendre le relais, soit d’autres citoyens puissent prendre le relais".

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