Le Parlement wallon est installé: pas de recomptage, Maxime Prévot président

Maxime Prévot (cdH) élu à la présidence du Parlement wallon
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Maxime Prévot (cdH) élu à la présidence du Parlement wallon - © RTBF

Après trois jours de tergiversations, les élections ont finalement été validées par le Parlement wallon, dont les 75 membres ont prêté serment ce vendredi. Dans la foulée, l'assemblée a choisi Maxime Prévot (cdH) pour président et approuvé la liste des députés autorisés à cumuler. La situation s'est débloquée après le rejet par la majorité d'un rapport sur les réclamations contre le résultat de l’élection, rejet plutôt mal vu par l'opposition.

Le vote de la motion a en effet encore donné lieu à de brefs échanges.

L'opposition MR et Ecolo ont dénoncé cette façon de faire inédite, après le débat qui a suivi le rapport de la Commission de vérification des pouvoirs et le rejet de la proposition de recomptage des votes à Charleroi.

"Votre intention est de passer en force", a lancé le chef de groupe MR, Willy Borsus, à la (future) majorité PS-cdH tandis que Mathieu Daele (Ecolo) s'étonnait d'une procédure "pour le moins originale".

Le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, a quant à lui pointé du doigt le processus même de validation des élections. L’une des réclamations visait elle aussi le "manque d’indépendance" de la Commission – composée de parlementaires de l’assemblée -, dite "à la fois juge et partie".

Maxime Prévot président, le bureau constitué

La désignation de Maxime Prévot à ce poste est en principe temporaire. Après la polémique des trois derniers jours, le bourgmestre de Namur a appelé les parlementaires "à se tourner vers l'avenir". "Plus que jamais, c'est l'heure du bon sens", a-t-il ajouté.

L'assemblée a également constitué le reste de son bureau: Véronique Cornet (MR) sera la première vice-présidente, Isabelle Simonis (PS) et Sophie Pécriaux (PS) seront les deuxième troisième vices-présidentes. Willy Borsus (MR) et Christophe Collignon (PS) seront les premier et deuxième secrétaires.

Dans la foulée de son installation, le parlement a pris acte de la démission du gouvernement wallon qui expédiera les affaires courantes.

Le parlement approuve la liste des députés autorisés à cumuler

Le parlement wallon a aussi approuvé vendredi la liste des députés qui seront autorisés à cumuler l'exercice de leur mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale (bourgmestre ou échevin). Ils sont 17 au total: huit PS, six MR et trois cdH.

Le décret "décumul" voté en 2010 prévoit qu'un quart des députés dans chaque groupe politique est autorisé à cumuler les deux mandats en fonction du taux de pénétration aux élections. Au PS, il s'agira de Paul Magnette, Paul Furlan, Rudy Demotte, Nicolas Martin, Christophe Collignon, Jean-Charles Luperto, Pierre-Yves Dermagne et Christine Poulin.

Au MR, il s'agira de François Bellot, Willy Borsus, Hervé Jamar, Pierre-Yves Jeholet, Jean-Luc Crucke et Jacqueline Galant. Au cdH, il s'agira de Josy Arens, Dimitri Fourny et Maxime Prévot.

Les autres députés devront faire un choix qui entraînera la prestation de serment de leur suppléant s'ils ne choisissent de ne pas être bourgmestre ou échevin empêché dans leur commune. Une nouvelle séance est prévue mercredi.

Comme cette semaine au parlement wallon, les travaux de la Commission des vérification des pouvoirs seront observés avec intérêt. La Commission devra constater l'incompatibilité mais la question se pose de savoir si elle autorisera la prestation de serment du député qui n'aurait pas encore fait son choix entre sa commune et son mandat parlementaire.

Certains députés ont déjà dit tout le mal qu'ils pensaient du décret qui impose le décumul. Philippe Dodrimont (MR) a mis ainsi en cause les conditions d'applicabilité du décret puisqu'aucun délai, ni sanction ne sont prévus. Il attend que la clarté soit faite.

"Aujourd'hui, je confirme: j'ai décidé de ne pas faire le choix. Et je ne le ferai que lorsque j'y serai contraint de façon tout à fait légale", a-t-il rappelé sur sa page Facebook.

S'il n'obtient pas les précisions qu'il souhaite, le député-bourgmestre d'Aywaille entend saisir la justice.

Fin du blocage: la plénière n'a donc pas tenu compte de l'avis de la Commission

La plénière convoquée vendredi matin a donc rejeté le rapport que la Commission de vérification des pouvoirs lui a finalement présenté, après trois jours de tergiversations.

A trente-deux voix pour et 43 contre, c’est la majorité PS-cdH qui a rejeté la possibilité de recomptage à Charleroi

C'est le PTB qui avait introduit les recours auprès de la Commission. Selon le parti d'extrême-gauche, le recomptage des bulletins nuls devait permettre au PTB de récupérer un, voir deux sièges à Charleroi, affirmaient-ils. Son porte-parole Raoul Hedebouw se réjouissait de la décision de la commission. "C'est vraiment une validation des arguments que nous avions avancé pour estimer avoir de sérieux doutes sur le bon comptage des votes nuls. Nous nous réjouissons de voir cette commission suivre nos différents avis pour une réclamation qui avait quand même été très fondée, très fouillée par notre service juridiques; et nous espérons voir le parlement suivre l'avis de cette commission", réagissait-il au micro de la RTBF.

Le PS a motivé son rejet en reprenant l'argumentaire qu’il avait déjà fait connaître jeudi soir. En l’occurrence, que les PV des élections ont été signés et validés en leur temps par des magistrats. "Ce serait dangereux de mettre en cause par des ouï dire et des rumeurs le travail de simples citoyens, contrôlés par des magistrats", a souligné Pierre-Yves Dermagne (PS).

Opinion contraire au MR. Le chef de groupe des Réformateurs a mis en garde l'assemblée contre le doute qui s'instillerait dans la population sur la validité de l'élection du parlement. "Le doute s'est installé. Les gens s'interrogent: les élus que nous retrouvons au parlement wallon sont-ils bien ceux que nous avons choisis? Ce doute est inadmissible", a lancé Willy Borsus.

Prestation de serment, poing levé au PTB

Plus de souci ensuite lorsque les 75 parlementaires ont été invités à prêter serment, pour un mandat de cinq ans, sous la houlette des deux benjamins de l'assemblée.

Les élus PTB ont prêté serment poing levé. La question du cumul des mandats a été renvoyée en bureau de l'assemblée.

Procédure à revoir?

La messe est donc dite jusqu’au prochain scrutin. Même si on peut espérer que les députés revoient sans tarder la procédure de vérification des pouvoirs pour éviter que ne se reproduise à l’avenir l’extravagant scénario vécu ces derniers jours.

Indubitablement, cet épisode laissera une impression très négative. Le bon sens commun se dit sans doute que le recomptage n'était pas une mauvaise idée et qu'il aurait sans doute pris moins de temps que les discussions à son propos. Alors en plus que la majorité refuse cela tout net risque d'alimenter la suspicion à son égard. Le soupçon risque donc de demeurer sur l'honnêteté de la décision.

L'autre élément négatif, c'est l'image de l'institution bloquée par quatre personnes; et une procédure de vérification que l'on imagine désormais plus dans les mains de magistrats que dans celles de politiques. Et un discrédit de plus pour la classe politique qui n'en avait pas besoin.

RTBF

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