La redevance "camions" se réinvite au Parlement

Les blocages routiers ne sont pas venus à bout de la redevance kilométrique mais la contestation continue au Parlement wallon
Les blocages routiers ne sont pas venus à bout de la redevance kilométrique mais la contestation continue au Parlement wallon - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

La redevance kilométrique pour les camions reste un sujet de profonde discorde entre les entreprises de transport, les opérateurs du système et les décideurs politiques.

Ce mardi, la justice a débouté une centaine de sociétés de transports ainsi que l’UPTR, une de leurs fédérations, qui réclamaient la suspension des factures. Mais dans l’arène politique, la lutte continue.

"On ne peut continuer comme ça!"

L’opposition à la redevance vient principalement des rangs libéraux et singulièrement du député Jean-Luc Crucke. "Vraiment, on ne peut pas continuer à ne pas être crédible sur le plan technique, dit-il. On ne peut pas continuer, insiste-t-il. C’est intenable."

Ce que le député souligne d’abord, ce sont les ratés du système, les erreurs et les approximations générées par les boitiers installés dans les camions.

Défaillances presque négligeables

Mais le ministre Prévot relativise. 432 000 boitiers sont activés. 1,5% pose problème. Et encore, dit-il. "Satellic estime que parmi ce pourcentage, 0,15% provient d’une réelle défectuosité technique. Le solde étant dû surtout à un problème de manipulation ou d’utilisation du boitier."

Si ce n'était que cela, dit en substance Jean-Luc Crucke... A côté, reste le principe-même de la redevance. Trop lourde, selon lui, pour les petites sociétés, elle entraîne inévitablement des licenciements.

Des recettes surestimées?

Mais les points de discorde ne s’arrêtent pas là. Il y a encore les communes qui se plaignent du trafic de contournement ou encore les recettes pour la Région, plus basses qu'escompté.

A première vue, il semble difficile, avec les revenus que procure la redevance, de financer comme prévu l’entretien des routes: toujours selon le député MR, elle ne rapporte en moyenne que 618 000€ par jour alors que le gouvernement avait prévu un million.

Là aussi, le ministre relativise. C’est juste le début, dit-il. Il faudra attendre au moins 2 ou 3 mois pour se faire une idée. Et il précise que partout où le système a été appliqué, le démarrage a été laborieux.

Sur ce point, tout le monde s’accordera. Visiblement, la Wallonie n’échappe pas à cette difficile mise en route.

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