"La recapitalisation de Dexia n'est pas un choix mais une obligation"

"La recapitalisation de Dexia n'est pas un choix mais une obligation"
"La recapitalisation de Dexia n'est pas un choix mais une obligation" - © BENOIT DOPPAGNE

"Ce n'est pas par plaisir que nous participons à une recapitalisation de Dexia mais parce que nous y sommes obligés", a rappelé le Premier ministre Elio Di Rupo jeudi après-midi à la Chambre. Quant au ministre des Finances Steven Vanackere il a rappelé que le nouvel accord "améliore sensiblement la situation de la Belgique".

Le Premier ministre et le ministre des Finances ont été interrogés jeudi à la Chambre par 10 députés de la majorité et de l'opposition sur la recapitalisation de Dexia.

"J'entends les conseils des uns et des autres pour qui il suffit de dire 'stop'. Je ne comprends pas l'attitude de ceux qui veulent laisser croire qu'on peut se débarrasser du dossier Dexia sans rien faire" a notamment lancé le Premier ministre faisant allusion aux déclarations de certains députés et à certaines réactions qu'il a lues sur internet.

"Si nous participons à une recapitalisation ce n'est pas par plaisir mais parce que y nous sommes obligés si nous ne voulons pas voir activer les garanties".

Ces garanties s'élèvent à 44 milliards d'euros. "Pour vous donner une idée, 44 milliards d'euros signifie une augmentation de notre ratio de dette de 12% de notre PIB. Ce serait donc nos finances publiques et nos citoyens qui en paieraient le prix. 44 milliards d'euros, cela représente 4000 euros par Belge".

Elio Di Rupo a aussi insisté sur le fait que la Belgique et la France considèrent que le montant de la recapitalisation ne doit pas être imputé au budget mais bien à la dette "car ce que nous avons fait pour Dexia ce n'est pas seulement pour les Belges et les Français".

"L'Union européenne ne peut pas nous demander de venir au secours des institutions financières et en même temps pénaliser les Etats qui le font", a ajouté le Premier ministre.

Et d'insister sur le fait que Dexia est une banque systémique. Les effets de sa faillite auraient dépassé les frontières de ces deux pays.

Le ministre des Finances a pour sa part défendu l'accord en soulignant qu'il améliore sensiblement la situation de la Belgique. "Il y a des pessimistes, des optimistes. Moi je suis un 'amélioriste'" a-t-il dit.

"Un peu mieux que 'très très mauvais' reste toujours 'très mauvais'"

Autre son de cloche du côté d'Ecolo, dans l'opposition au niveau fédéral. Pour le député Georges Gilkinet, ces garanties présentent toujours un trop gros risques pour l'état belge.

"Un peu mieux que 'très très mauvais' reste toujours 'très mauvais'", a réagi le député, ancien membre de la commission spéciale Dexia, pointant notamment la diminution, insuffisante à ses yeux, de la part des garanties offertes par la Belgique, lesquelles seront ramenées à 51,41%, contre 60,5% aujourd'hui. "Ces garanties vont toujours bien au-delà des 10% de notre PIB. L'épée de Damoclès pour le pays est donc toujours là en cas de problème futur pour Dexia", a souligné Georges Gilkinet.

A ses yeux, la clé de répartition de ces garanties aurait dû être revue à l'aune des PIB respectifs de la Belgique et de la France, et ce d'autant que c'est en France, via sa branche française DCL, que Dexia a "eu des comportements aventureux", fait-il valoir.

Le député écologiste constate dans la foulée que de l'argent public a une nouvelle fois dû être mobilisé pour le secteur financier, alors que celui-ci n'a toujours pas été réformé, souligne-t-il. Il déplore enfin l'absence de garantie que ce nouveau sauvetage de Dexia -le troisième depuis 2008, ndlr- sera le dernier. "Il n'y a pas de clarté sur les actifs garantis et les risques futurs qui pourraient contraindre les contribuables belges à cracher une nouvelle fois au bassinet" dans deux ou trois ans.


Belga et RTBF

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