La présidente de la Commission Publifin a touché 1800 euros par mois comme présidente d'asbl

La présidente PS de la Commission Publifin a touché 3600 euros la réunion pendant six ans
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La présidente PS de la Commission Publifin a touché 3600 euros la réunion pendant six ans - © BRUNO FAHY - BELGA

La future présidente de la commission Publifin, Olga Zrihen (PS) a touché 1800 euros bruts par mois en tant que présidente du Conseil d’administration de la Caisse des retraites des sénateurs entre 2010 et janvier 2016. Or, cette ASBL, dans laquelle les différents groupes politiques sont représentés, ne se réunit que cinq voire maximum six fois par an. 

Cela fait 3600 euros la réunion. Des montants qui continuent de faire grincer des dents dans les couloirs de l’assemblée. D’autant que cette indemnité n’entre pas dans la comptabilité du plafond des rémunérations lors des cumuls de fonction de mandats publics.

Ces émoluments ont à plusieurs reprises été épinglés par des administrateurs de l’ASBL. Lors du changement de présidence, cette indemnité a d’ailleurs été purement et simplement supprimée.

Si c'est dit c'est que c'est peut-être vrai

Invitée de Matin Prem1ère ce lundi matin, Olga Zrihen, embarrassée, n'a pas démenti: "Les montants sont justes, même si je n'ai pas vraiment vérifié, vous me le dites maintenant cela doit être aux environs de cela. Si c'est dit c'est que c'est peut-être vrai. Mais on n'est pas là uniquement pour cinq conseils d'administration par an. Je pense qu'il y en a plus que cela tous les ans. Il y a tout le suivi de cette caisse de pension qui concernait 70 sénateurs. Il fallait garantir cette caisse. J'ai d'ailleurs, dès mon arrivée, demandé à être accompagnée d'un organe externe de gestion afin de donner toutes les garanties pour que ces pensions soit payées". Précisons que la gestion financière et fiduciaires de ce fonds est assurée par des experts. Les représentants politiques assurent le contrôle de cette gestion.

La désignation d'Olga Zrihen auprès de la Caisse de retraite des sénateurs prévoyait qu'elle soit "désignée à la gestion journalière".

Une pratique qui a pris fin avec le départ de la socialiste

Olga Zrihen a démissionné de son poste de présidente du Conseil d'administration, il y a un an, le 22 janvier 2016. Depuis lors, le président Bert Anciaux touche 125 euros de jeton de présence, tout comme les autres administrateurs. Depuis la sixième réforme de l'Etat, le fonctionnement du Sénat a complètement été modifié. Même si les indemnités des administrateurs de l'asbl (Caisse des retraites des sénateurs) ont fondu, les montants du fonds de retraite demeurent tout aussi importants. Il faut en effet continuer à gérer les pensions des sénateurs ayant cotisé jusqu'à cette sixième réforme. La gestion de cette réserve reste donc conséquente.

Olga Zrihen s’apprête à diriger la commission d’enquête du parlement wallon sur le scandale "Publifin". Une commission censée faire la clarté sur l’intercommunale liégeoise mais qui abordera aussi la question du cumul des mandats publics et surtout celle des rémunérations. Tous les partis ont annoncé de "grandes réformes" en la matière.

Pour financer leurs vieux jours, les sénateurs se sont d’organisés en caisse de retraite. Ce fonds a été créé dans les années 1930. Il est alimenté par les cotisations des sénateurs mais aussi des ministres. C’est l’ASBL "Caisse des retraites des sénateurs" qui gère cette réserve. En 2015, les écologistes avaient pointé du doigt certains investissements dans l’armement et dans l’industrie du tabac.

La présidence n'est pas remise en question

Au parlement wallon, les réactions sont à ce stade encore très prudentes. Ni la majorité ni l'opposition ne réclament qu'Olga Zrihen n'occupe plus ce poste de présidente de la commission d'enquête "Publifin", tous estimant que ce mandat était connu, légal, qu'il n'y a pas de conflit d'intérêts et que cela n'a rien à voir avec Publifin, même si l'on peut se poser la question de la légitimé du montant des rémunérations perçues.

"A elle, ou au parti socialiste, de juger si elle est en mesure de présider la commission d'enquête" a commenté Pierre-Yves Jeholet, chef de groupe MR alors que le chef de groupe cdH Dimitri Fourny considère que "tout cela est parfaitement légal en termes de légitimité et de représentation."

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