La précarité frappe 80.000 étudiants francophones

Chems Mabrouk, Présidente de la Fédération des Étudiants Francophones
Chems Mabrouk, Présidente de la Fédération des Étudiants Francophones - © RTBF

Universités et écoles supérieures garantissent-elles toujours leur accès aux étudiants, quels que soient leurs moyens financiers ? La question de la précarité étudiante traverse les auditions menées ce mardi au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Plusieurs auditions sont au programme mais d’emblée, celle de Chems Mabrouk, Présidente de la FEF, la Fédération des Etudiants Francophones brosse un tableau alarmant.

80.000 étudiants à la corde

Combattre la précarité étudiante suppose de s’attaquer à plusieurs chantiers. La Présidente de la FEF relève l’urgence : plusieurs dizaines de milliers d’étudiants affrontent une situation difficile que les actuelles questions de santé amplifient encore.

Des frais liés aux écoles…

Les droits d’inscription constituent à eux seuls un point capital. 850€, pour beaucoup, c’est un montant difficile à réunir et qui, pourtant, est fréquemment dépassé. Chems Mabrouk explique que les droits exigés par certaines écoles d’art flirtent plutôt avec 1300€. Et c'est sans compter différents suppléments : droits d’accès aux bibliothèques, syllabus, matériel spécifique à la matière enseignée.

… et aux à-côtés indispensables

Transport et logement représentent 40% des frais engagés par les étudiants du supérieur, estime Chems Mabrouk. De moins en moins de logements publics, liés aux universités, sont disponibles. Il faut se rabattre sur le privé, ce qui gonfle les coûts. Les frais de transport explosent aussi pour les plus de 25 ans (18% des étudiants) qui n’ont plus accès au tarif scolaire.

Solutions ?

Les solutions coulent de source. La Présidente de la FEF résume : élargir à toutes les écoles le gel du minerval, diminuer les droits d’inscription, baliser les frais supplémentaires, les rembourser. Il conviendrait aussi, dit-elle, de revoir le système d’allocations d’études qui octroie des aides en fonction d’un "seuil indicatif". Le système conduit à refuser des bourses à des étudiants considérés de toute façon comme "trop pauvres".

Une attention spécifique pour les étudiantes

Chems Mabrouk plaide encore pour que soit élargie une disposition prise par la Région Bruxelloise mais qui ne concerne encore que les établissements sous son contrôle : la distribution gratuite de protections hygiéniques. La précarité des étudiantes est en effet encore plus grande. 25% d’entre elles disent rencontrer des difficultés pour s’offrir ces simples serviettes.

Les étudiants dans la précarité demandent plus de soutien (JT 17/11/2020)

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