La politique d'accueil mitigée des migrants en Belgique

La politique d'accueil mitigée des migrants en Belgique
La politique d'accueil mitigée des migrants en Belgique - © THIERRY ROGE - BELGA

Les demandeurs d'asiles sont-ils les bienvenus en Belgique ? Si l'on s'en tient aux propos du chef du MR montois Georges-Louis Bouchez, la clé à disposition de tous est la demande d'asile, et la porte serait grande ouverte. "Il n'y a quasi plus aucune identification en Grèce", argumente-t-il.

Seulement, il suffit de se rendre sur la page officielle des institutions belges pour se rendre compte que la réalité est bien différente : "La majeure partie des demandeurs d'asile ne sont pas reconnus comme réfugiés au terme de cette procédure d'asile et sont déboutés. Les demandeurs d'asile déboutés reçoivent un ordre de quitter le territoire et doivent quitter le pays", peut-on lire.

Plus précisément, en 2017, le Commissariat général aux réfugiés et apatrides (CGRA), "a estimé dans 50,7 % des décisions finales que le demandeur avait réellement besoin d’une protection. Il s’agit de 9.931 décisions, concernant 13.833 personnes (y compris des enfants mineurs qui accompagnent leurs parents)".

Quant à savoir si les demandeurs renvoyés vers la Grèce ou l'Italie - souvent premier territoire européen foulés par les émigrés - ne sont pas plus nombreux, tout est relatif. En 2016, l'Office des Étrangers faisait mention de 10% des 32.000 demandeurs d'asile (y compris les mineurs accompagnés ou non) dont le séjour a été refusé dans le cadre de Dublin III.

L'accord européen visant à renvoyer un étranger vers un pays "de Dublin" où il a effectué sa demande d'asile impose au pays qui traite le cas de l'étranger de le renvoyer vers ce premier pays. Seulement, il implique également le renvoi vers ce pays dans le cas où ses empreintes ont été relevées ou s'il est possible de prouver qu'il s'y est rendu, le migrant n'est alors plus qu'une boule dans le flipper européen.

Qui peut demander l'asile ?

Tout étranger hors de son pays d'origine et qui y risque des persécutions ou atteintes graves est en droit de demander l'asile en Belgique. Nous parlons bien ici du droit de demander l'asile, quant à se le voir véritablement octroyer, la différence est notable. 

En 2017, un peu plus de 50% des demandeurs d'asile bénéficiaient d'une protection, 38.7% d'entre eux étaient reconnus en tant que réfugiés et les 12% restants ont reçus une protection subsidiaire, à savoir une autorisation de séjour d'un an renouvelable - mais aussi annulable lorsque les "circonstances dans le pays d’origine ont changé de manière fondamentale et durable".

L'office des étrangers mentionne explicitement que les chances de régularisation, synonymes d'accueil, sont anecdotiques, l'accord du gouvernement belge ne prévoyant plus de régularisation collective.

En pratique, le traitement d'une demande d'asile peut être long, très long. Le traitement varie d'un dossier à l'autre et la procédure peut durer de quelques mois à parfois plusieurs années. Ces délais d'attente suscitent une inquiétude logique chez les demandeurs quant à leur avenir.

L'ordre de quitter le territoire

Les demandeur d'asile déboutés, qui ont épuisé toutes les possibilités de recours, reçoivent l'ordre de quitter le territoire, censés y donner suite eux-mêmes. Certains partent de Belgique de leur propre initiative, notamment avec l'aide du programme de retour volontaire géré par Fedasil. D'autres sont rapatriés de force. Fedasil précise sur son site qu'elle travaille avec des partenaires locaux dans le cas de pays où "la vie n'est pas facile".

En définitive, les portes de la Belgique sont entrouvertes. Les migrants renvoyés vers un pays selon l'accord Dublin III sont peut-être négligeables face à la masse des migrants en attente d'une réponse sur leur avenir, mais nombreux sont ceux qui voient l'accueil sur le territoire belge refusé.

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