La politique agricole commune, une aide européenne de moins en moins solidaire

La politique agricole commune : une aide européenne de moins en moins solidaire
5 images
La politique agricole commune : une aide européenne de moins en moins solidaire - © B. Massart

La politique agricole commune (PAC) est la plus ancienne et la plus importante politique commune de l’Union européenne. Après la Seconde Guerre mondiale, les pays fondateurs veulent reconstruire et éviter la dépendance alimentaire vis-à-vis des pays extérieurs. Créée lors du Traité de Rome en 1957 et mis en place en 1962, la PAC a pour objectifs d'accroître la productivité de l’agriculture, d’assurer un niveau de vie équitable aux agriculteurs, de stabiliser les marchés, garantir la sécurité des approvisionnements et d’assurer des prix raisonnables pour les consommateurs. Avec le temps, à ces objectifs transversaux, se sont ajoutés, en 2007, le respect de l’environnement, la sécurité sanitaire et le développement rural.

Création de la PAC lors du Traité de Rome

La PAC, une aide indispensable aux populations agricoles

En 2000 avec la réforme de la PAC nommée "Agenda 2000", la PAC est désormais bâtie sur deux piliers, deux instruments financiers. D’un côté le Fond européen agricole de garantie (FEAGA) qui représente 80% du budget et de l’autre, le Fond européen agricole pour le développement rural (FEADER), les 20% restants. Le FEAGA finance les aides directes aux agriculteurs qui font preuve de bonnes pratiques agricoles et environnementales, ainsi que des mesures de soutien au marché en cas de perturbations de celui-ci. Le FEADER, lui, est destiné au développement rural comme l’innovation, la viabilité et la compétitivité de l’agriculteur ou encore l’inclusion totale.

La réforme de la PAC en 2000, nommée Agenda 2000

Une réforme qui passe mal auprès des agriculteurs

Donnant, donnant ? pas vraiment…

Selon les principes de solidarité européenne, chaque état membre de l’Union européenne doit contribuer au budget européen de la PAC qui s’élève à 0,7% du Produit national brut. Plus un pays est riche donc, plus il contribue au budget. Sans surprise, l’Allemagne est le plus gros contributeur à la PAC. Elle contribue à hauteur de 23.3 milliards d’euros, suivie de la France (19.5 milliards d’euros), l’Italie (13.9 milliards d’euros) et le Royaume-Uni (12.8 milliards d’euros). Mais ce que les gros contributeurs donnent à la collectivité, les agriculteurs de leurs pays ne le reçoivent pas comptant. Le principe de la solidarité européenne toujours. (Voir le graphique ci-dessous).

A l'inverse, la Pologne, la Roumanie et la Grèce sont les trois pays membres bénéficiant du solde budgétaire positif le plus important. En d'autres termes, ces pays reçoivent plus d'aides qu'elles n'en donnent dans le budget général de la PAC. 

Les plus gros contributeurs de l'Union européenne à la PAC

La Belgique et la PAC

La Belgique a une superficie de 30.530 km² dont 14.5 % de terres agricoles. Sur les onze millions d’habitants du pays, 8.6% vivent en zones rurales. Le secteur agricole belge est marqué par de fortes variations régionales, notamment dans le secteur des fruits et légumes au nord et une production animale et végétale plus traditionnelle dans le sud du pays. Comme tout pays membre de l’Union européenne, la Belgique participe au "pot commun" de la PAC. Pour la période 2014-2020, notre pays contribue à hauteur de cinq milliards d’euros et ses agriculteurs percevront autour de 4.2 milliards d’euros, avec une répartition de 2.2 milliards d’euros pour la Wallonie et 1.97 milliard d’euro pour la Flandre.

53% des aides octroyées de la PAC à la Belgique pour l'agriculture wallonne

Brexit et la PAC 2021-2027 : les comptes sont à refaire

Avec la sortie programmée du Royaume-Uni de l’Union européenne, le budget pour la politique agricole commune pour la période 2021-2027 sera amputé de quelques 12.8 milliards d’euros britanniques. La commission européenne l’avait annoncée, le budget sera raboté de 5% et conséquences, la priorisation des aides de la PAC pays par pays sera revue. A la hausse pour certains et forcément à la baisse pour d’autres comme pour la Belgique car la volonté est de rapprocher les montants des aides pour chaque pays de la moyenne européenne et la Belgique est bien au-dessus. Pour la période de programmation 2014-2020, la Belgique devrait percevoir 4.2 milliards d’euros, mais pour la période 2021-2027, cette aide sera moindre. Les agriculteurs belges hériteront de 3.872 milliards, soit 450 millions d’euros de différence. Des millions en moins qui ne seront pas sans conséquences pour les exploitations agricoles du pays.

Moins d'aides européennes pour la Belgique entre 2021-2027

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK