Près de 3 policiers non réquisitionnés sur 4 en grève, selon les syndicats

Les manifestants sur la place de Mons
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Les manifestants sur la place de Mons - © Sarah Heinderyckx

Les policiers protestent toujours contre des changements dans le régime des retraites et la perspective de mesures d'économies. Après la manifestation de jeudi dernier à Bruxelles, il s'agissait ce mardi d'une grève générale, la première depuis la réforme de 2001. D'après le SLFP, entre 65 et 75% des policiers du pays se sont croisés les bras ce mardi, avec des disparités selon les zones.

Jeudi dernier déjà, une douzaine de milliers de policiers avaient manifesté à Bruxelles contre un changement dans le régime des retraites. Ils ont été entendus par le ministre des Pensions en affaires courantes. Alexander De Croo les a renvoyés aux formateurs.

Il faut dire qu'aujourd'hui ces grévistes manquent d'un interlocuteur politique : "Les futurs formateurs pour l’instant sont dans les négociations sur différents chapitres et donc, en l’absence de désignation formelle d’un gouvernement, nous n’avons pour l’instant pas de réel interlocuteur qui pourrait en plein exercice prendre des décisions", explique Stéphane Deldicque, délégué permanent CSC.

Quant à savoir si, dès lors, une grève peut servir à la cause, il répond : "Oui, parce que le principe est de maintenir la pression sur les formateurs, de bien leur faire comprendre l’intérêt qu’ils ont à remettre un cadre légal, l’intérêt qu’ils ont à ne pas faire d’économies aveugles puisqu’elles touchent déjà l’ensemble des membres du personnel. Et donc, il y a une pertinence absolue en maintenant l’action de grève d’une part , et un calendrier, un échéancier d’actions à venir que nous établirons dans les prochains jours".

D'après le délégué permanent de la CSC Stéphane Deldicque, sur l'ensemble du pays, environ 70% des agents non réquisitionnés font grève. Selon le syndicat libéral, la mobilisation a été satisfaisante si l'on tient compte des réquisitions, pour dénoncer la suppression du droit de partir à la prépension pour certains policiers. Du côté de la Police fédérale, on parle plutôt de 10% de grévistes effectifs. Ce qui est sûr c'est qu'il y avait beaucoup de disparités en fonction des zones de police. Certaines ont très largement utilisé les ordres de réquisition et obligé certains policiers à venir travailler pour garantir un service minimum. D'autres au contraire n'ont pas vraiment préparé le terrain. Quoi qu'il en soit, d'après la Police fédérale les missions urgentes sont restées assurées partout.

Le SNPS a bloqué l'accès à l'hôtel de police de Seraing

Une vingtaine de délégués SNPS avaient bloqué dès 7h30, l'accès de l'Hôtel de police de Seraing (Liège) situé rue de la Bouteille, selon Fabrice Discry, président provincial du Syndicat National du Personnel de Police et de Sécurité (SNPS). Le SNPS a choisi de mener sa seule action provinciale au sein de la zone Seraing-Neupré car son chef de corps avait "annulé et refusé des congés et repos sollicités par les collègues pour participer à la manifestation du 18 septembre qui avait rassemblé 14 000 personnes à Bruxelles", explique Fabrice Discry.

Ce mardi, le service minimum est assuré dans chaque zone de police. Les commissariats de quartier seront fermés. Certaines zones de la province, comme celle du Pays de Herve, enregistrent 100% de grévistes. "Dans d'autres, nous sommes à 80% voire 90%, ce qui signifie que le mouvement est bien suivi", se félicite Fabrice Discry.

Le SNPS n'a pas appelé à participer à la manifestation interprofessionnelle de ce mardi à Bruxelles mais reste solidaire.

Charge financière

Au total, 102 policiers sur 400 membres du personnel ont été déclarés en grève dans la zone de police de Namur, selon le commissaire Ligot, chef de corps. "Sur 24 heures, 200 personnes travaillent pour le service minimum", a-t-il également précisé.

Le commissaire Ligot soulève le problème de la charge financière que représentent les pensions des agents pour les communes, une somme qu'il évalue à 3 millions d'euros d'ici 2020 pour sa zone. "J'interpellerai personnellement les autorités à ce sujet", a-t-il dit.

En Communauté germanophone, tous les commissariats de police ont fonctionné normalement malgré la grève. Dans la zone de police de l'Eifel, ou l'on avait prévu un service minimum, on ne dénombre qu'un seul gréviste.

En Flandre, à Anvers, plusieurs médias avaient rapporté les propos d'inspecteurs anonymes selon lesquels 65% des membres l'équipe de nuit comptaient se déclarer malades 10 minutes avant le début de leur service, lundi soir. Ils voulaient ainsi exprimer leur mécontentement d'être réquisitionnés et donc obligés de travailler malgré la grève. Mais finalement, "seuls" 15% d'entre eux se sont déclarés malades. Soit plus que d'habitude mais pas de quoi mettre en danger le service minimum, a indiqué le chef de corps de la zone. Ce mardi, plusieurs commissariats ont été fermés mais les six principaux sont resté ouverts.

Mons: les policiers en grève ont causé des perturbations

Beaucoup d’automobilistes ont éprouvé des difficultés pour accéder au centre-ville ce mardi matin, les policiers grévistes ayant investi très tôt le carrefour de la rue du Grand-jour et de la rue du Rossignol, rendant ainsi difficiles certains accès au centre de Mons.

RTBF

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