La Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés primée au Sénat

La Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés primée au Sénat
La Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés primée au Sénat - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés a reçu vendredi au Sénat le prix Henri La Fontaine pour l'Humanisme 2018 pour sa contribution à la liberté d'expression sur laquelle planent des menaces grandissantes.

Le prix bisannuel a été remis entre les mains des animateurs de la plateforme, Mehdi Kassou et Adriana Costa Santo par Mokhtar Trifi, président d'honneur de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme et Prix Nobel de la Paix en 2015.

Mehdi Kassou a dédié le prix aux dizaines de milliers d'hébergeurs qui se sont mobilisés depuis septembre 2014 pour accueillir les migrants qui se sont réfugiés au parc Maximilien à Bruxelles, faute de pouvoir être accueillis dans une structure publique d'hébergement. Avec Adriana Costa Santo, il a souligné la générosité de la population face à l'absence de solution gouvernementale, qui, à les entendre, s'est également traduite dans les urnes le 14 octobre dernier. Cette dernière a également salué la présidente du Sénat Christine Defraigne (MR) en faveur des communes hospitalières et contre les visites domiciliaires envisagées par le gouvernement. Les 10.000 euros accompagnant le prix seront versés au centre d'hébergement La porte d'Ulysse qui accueille tous les soirs 350 personnes, soit un coût de 1.000 euros par jour.

Le courage des hébergeurs

Mokhtar Trifi a salué le courage des hébergeurs - un certain nombre d'entre eux étaient présents jeudi au Sénat - qui osent braver les perquisitions policières. "Le problème migratoire est devenu une arme de négociation" dans le chef des pays européens dont les politiques "colonialistes" imposent un libre échange qui porte mal son nom, appauvrissant une population en quête d'un avenir meilleur, a-t-il dit. M. Trifi a convié les autorités tunisiennes à refuser le chantage de l'argent qui amènerait son pays, en acceptant sur son sol des centres de rétention européens, à devenir "une prison à ciel ouvert" ou à organiser "une police des frontières européennes".

La remise des prix a été précédée de prises de paroles invitant, avec une certaine gravité, à rester vigilant à l'égard de la liberté d'expression journalistique. Le journaliste de la RTBF Eddy Caeckelberghs s'est inquiété de l'annonce par certains politiques de prendre des initiatives visant à scruter les "fake news", une ambition qui, si elle se réalise, relèverait d'un "dirigisme digne de la pravda". Ce constat a été partagé par Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au journal Le Soir. "Dès qu'une parole contraire s'affirme, tombe le terme 'fake news'", a-t-elle observé.

Dans un plaidoyer pour le service public d'information, Eddy Caeckelberghs a par ailleurs dit sa crainte de voir "l'information ludique" encouragée.

Directeur de BX1 et ancien président du conseil de déontologie journalistique (CDJ), Marc De Haan en a appelé à l'"objection de conscience" des journalistes alors que les discours d'extrême droite franchissent plus aisément la porte de certains cabinets ministériels et de certaines rédactions en chef à la recherche d'"accommodements raisonnables".

Le Prix Henri La Fontaine pour l'Humanisme a été créé par la Fondation Henri La Fontaine en mémoire d'Henri La Fontaine, Prix Nobel de la Paix 1913 et co-fondateur du Mundaneum.

Sénateur socialiste, Henri La Fontaine a reçu le Prix Nobel de la paix en 1913 en raison de son engagement au sein du Bureau International de la Paix et de sa contribution à l'organisation du mouvement pacifiste.

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