"La pénibilité du métier d'enseignant est un fait", d'après Laurent Henquet (MR)

Un des gros dossiers sur la table du ministre des Pensions est celui de la pénibilité de certains métiers. Car l'estimation de sa pénibilité a une influence, sur l'âge de départ à la pension par exemple. Concernant le métier d'enseignant, le ministre Bacquelaine a commandé une étude pour en évaluer la pénibilité, auprès d'un député MR de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Laurent Henquet. Anciens professeur et directeur d'école, ses conclusions sont claires : impossible pour un enseignant de travailler jusqu'à 67 ans.

"Le décalage est trop important, explique-t-il. Quand vous avez 64-65 ans, les enfants ont toujours entre 6 ans et 18 ans, vous avez l’âge de leurs grands-parents, et c’est vrai que le décalage est tel que ça devient extrêmement difficile. Maintenant, moi j’ai pensionné des enseignants à 55 ans, ils étaient en pleine forme, à 60 ans aussi et j’en ai pensionné à 65 ans."

64 ans au lieu des 67 prévus

M. Henquet préconise dès lors au fédéral de fixer la pension des enseignants à 64 ans, au lieu des 67 prévus par la réforme du ministre des Pensions Daniel Bacquelaine (MR). "Parce qu’il faut bien prendre conscience, et le ministre Bacquelaine a tout à fait raison, que si on continue dans la veine actuelle, on ne sera pas financés. Aujourd’hui, les pensions coûtent 40 milliards d’euros, donc dans 20 ans, ça coûtera 60 milliards, qui va les financer ? Il faut donc que tout le monde participe à l’effort collectif, qui est de retarder un petit peu de 2 ans le départ à la pension, généralement anticipée. C’est ce que je demande aux enseignants, et ainsi, l’école montrera qu’elle est solidaire d’un problème qui est collectif et général."

Ce dernier planche pour le moment sur la définition de critères objectifs de pénibilité dans le cadre de sa réforme. Il n'est toutefois pas question que le ministre détermine directement les professions pénibles et celles qui ne le sont pas, explique-t-on à son cabinet.

Le métier pénible devrait être établi sur base de quatre critères: travail physique lourd, organisation du travail pesante (équipe, travail de nuit), risque de sécurité accru et charge mentale et émotionnelle.

L'avant-projet de loi de Daniel Bacquelaine "relatif à la reconnaissance de la pénibilité de certaines fonctions" a été discuté lors du dernier conseil des ministres de 2017, mais pas approuvé.

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