La note Di Rupo prépare-t-elle le "plan B francophone" ?

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Illustration - © Archive Belga/HERWIG VERGULT

La note Di Rupo préparerait, selon certains ultranationalistes flamands, l'annexion pure et simple de la périphérie à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il ne faut pas l'accepter : c'est le message à destination de la N-VA.

Le politologue Bart Maddens de la Katholieke universiteit Leuven est très engagé dans le mouvement flamand. Bart De Wever a déjà expliqué que la stratégie de la N-VA était conforme à la doctrine Maddens, selon laquelle la Flandre ne doit plus essayer de négocier une réforme de l’Etat tant que la Wallonie, Bruxelles et le niveau fédéral ne sont pas exsangues au niveau financier.

Interrogé par Le Vif, Bart Maddens exprime de grosses réserves par rapport au contenu de la note finale du formateur Elio Di Rupo : selon lui, si on prend un point de vue pro-flamand, cette note lui "paraît encore moins acceptable que la note Vande Lanotte". Par exemple, la proposition d’instaurer une circonscription fédérale "reviendrait à créer un super BHV, où les figures de proue de la politique francophones pourraient faire campagne en Flandre", explique-t-il, alors que les Flamands veulent scinder BHV précisément pour empêcher les francophones de la périphérie de voter pour des listes bruxelloises et éviter que les leaders des partis francophones fassent campagne en Brabant flamand.

"Uti possedetis"

De son côté, le "Wekgroep BHV", une structure regroupant des associations ultranationalistes telles que le Vlaamse Volksbeweging et le Taal Aktie Komitee (ceux qui manifestent régulièrement dans les communes à facilité de la périphérie de Bruxelles), a livré son analyse sur la note Di Rupo. Selon ce "Werkgroep BHV", la note du formateur consiste à préparer le plan B des francophones qui vise à annexer les 6 communes à facilités à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le groupe de travail nationaliste pense qu’Elio Di Rupo veut obtenir des concessions des Flamands dans le but de renforcer les droits des francophones en périphérie, leur donner le droit de voter à Bruxelles, leur octroyer des possibilités de recours devant la Cour constitutionnelle et bétonner les facilités.

Comme cela, lorsque la Belgique se séparera, si l’on utilise le principe juridique "uti possedetis"(ce qui signifie que chacun conserve ce qu’il possède au moment de la séparation), ces acquis seront utilisés pour annexer les communes de la périphérie à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le "Werkgroep BHV" rejette donc tout le chapitre sur BHV et sur Bruxelles de la note Di Rupo et demande aux partis flamands de "n’accepter aucune tutelle sur la Flandre" : il répète que la scission de BHV doit se faire purement et simplement, selon lui, sans aucune concession flamande.

La pression s’accentue sur la N-VA (et le CD&V), qui doit se positionner au plus tard ce jeudi sur la note finale du formateur. Il semble déjà certain que ce sera au maximum un "oui, mais…".

A.L.

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