La N-VA, le MR, l'Open VLD et le CD&V ont dit oui au gouvernement

A Anvers, le vote est intervenu peu après 23h00, où le parti nationaliste flamand tenait un congrès extraordinaire uniquement consacré à l'approbation de sa participation au gouvernement fédéral. Seuls quelques-uns des quelque 2500 mandataires et militants présents se sont abstenus.

Au congrès du MR, le futur Premier ministre Charles Michel a rappelé que le MR sera le seul parti francophone de la coalition, une situation due à l'attitude des autres formations francophones, a-t-il dit en visant sans les nommer le PS et le cdH.

"Oui, nous serons la seule formation politique à prendre nos responsabilités, pas parce que nous l'avons voulu mais parce que d'autres ont fait le choix de la désertion et de la terre brûlée", a lancé Charles Michel devant 1500 militants réunis à Bruxelles, au Mont des Arts.

Cette législature sera marquée par l'absence de réforme institutionnelle, a-t-il assuré. Et de préciser : "Nous serons à chaque fois présents pour faire respecter les droits de chacune des communautés de ce pays".

Alors que la grogne syndicale se fait déjà entendre, le futur Premier ministre a insisté sur le respect de la concertation sociale qui caractérise le modèle belge. L'un des premiers actes du nouveau gouvernement sera d'ailleurs une invitation lancée aux partenaires sociaux à discuter des réformes à entreprendre.

La salle a réservé une ovation debout à un Charles Michel ému. "Tu as forgé cet accord et, c'est légitime, tu vas le mettre en oeuvre. J'espère que, comme moi, vous serez à ses côtés", lui a lancé le vice-premier ministre Didier Reynders.

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Charles Michel et Didier Reynders saluent les militants du MR, lors du congrès de participation du parti au Mont des Arts © BENOIT DOPPAGNE

Congrès chahuté par les syndicats

"Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère", ont scandé en cœur les militants rassemblés devant la salle, avant de rajouter "cette société-là, on n'en veut pas". 

"Il y a trois choses qui nous inquiètent", a expliqué un membre de la CSC. "Premièrement, le non-respect du modèle social, à savoir la concertation sociale: le gouvernement annonce des choses sans même en discuter avec les partenaires sociaux. La seconde chose, c'est le saut d'index : même s'il est 'intelligent', les travailleurs ne sont pas bêtes. Ils ont compris qu'ils perdraient du pouvoir d'achat. Et le troisième élément qui nous inquiète, ce sont les promesses faites. Avant les élections, on nous avait dit qu'on ne toucherait pas aux pensions, or, on y touche à 66 ou 67 ans."

Charles Michel a néanmoins annoncé que la première chose qu'il souhaitait faire était de rencontrer les syndicats. Mais ces derniers attendent peu de cette rencontre : "À partir du moment où il nous invite et que le plat est déjà déterminé, que les serviettes sont mises et que l'addition est déjà faite, ce n'est plus une invitation. Nous, ce qu'on demande, c'est qu'il retire toutes les propositions qu'il a faites dans son accord gouvernemental afin qu'on puisse s’asseoir correctement à la table et qu'on prépare un menu décent pour les travailleurs."

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Maggie De Block, Gwendolyn Rutten et Alexander De Croo au congrès de participation de l'Open VLD © JASPER JACOBS

Les membres de l'Open VLD aussi unanimes que ceux du MR, pas ceux du CD&V

Côté libéraux flamands, les membres rassemblés en congrès ont aussi approuvé la participation de leur parti au gouvernement Michel à l'unanimité. Peu de débats auront été nécessaires pour convaincre les militants, qui ont beaucoup applaudi leurs négociateurs.

Contrairement au CD&V ou au MR, les libéraux flamands n'ont pas été accueillis par une manifestation syndicale au Brussels44Center, où se tenait leur congrès. Entre eux également, on ne décelait pas l'ombre d'un désaccord.

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Kris Peeters et Wouter Beke au congrès du CD&V © NICOLAS MAETERLINCK

La présidente Gwendolyn Rutten s'est réjouie de cette troisième participation gouvernementale au Fédéral, après la Flandre et Bruxelles.

Les premiers applaudissements n'ont pas été réservés au budget en équilibre ou à la baisse des cotisations patronales, mais au respect dont le fisc devra faire preuve, selon l'Open Vld, à l'égard des indépendants et des entrepreneurs.

Les membres du CD&V ont aussi cautionné la participation de leur parti, cette fois à une large majorité : une douzaine de militants ont malgré tout voté contre l'accord alors qu'une poignée d'autres se sont abstenus.

Le président Wouter Beke a lancé un appel aux partenaires sociaux, et aux syndicats en particulier, venus manifester à l'entrée du congrès de participation, à accepter la main tendue du dialogue, préférable à un cantonnement dans l'action.

RTBF avec Belga

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