La N-VA à nouveau à l'offensive contre les syndicats

Le programme N-VA "pour le changement", teinté de libéralisme, inscrit noir sur blanc une volonté de réduire le rôle d'une série d'organisations. Résultats: coups de griffes récents aux mutuelles dont la N-VA aimerait voir compressés les moyens. Et quelques attaques contre les syndicats avec lesquels les nationalistes aimeraient réduire l'espace de concertation, le gouvernement donnant seul les orientations. Des syndicats jugés trop présents dans la société. Notamment via leur rôle dans le versement des allocations de chômage.

Or voilà qu'il apparaît, sur base du rapport d'activités de l'ONEm, que l'on a versé indûment des allocations à des chômeurs qui ne les méritaient pas. 291 millions à récupérer, ce qui sera quasi impossible, admet l'institution, puisqu'il s'agit de montants parfois très élevés pouvant atteindre l'équivalent de trois ans à cinq ans d'indemnités, en cas de fraude.

"Que les syndicats prennent leurs responsabilités !"

La députée fédérale N-VA Zuhal Demir, comme souvent sur ce type de dossiers, monte au créneau face à un montant qui, selon elle, gonfle chaque année: 100 millions d'euros de plus en 3 ans. Et d'appeler à revoir tout le système de paiement des allocations.

Mais tout n'est pas si simple. D'abord parce que si le montant gonfle, c'est parce que les contrôles ont augmenté et sont désormais plus efficaces pour traquer les "faux chômeurs", insiste l'ONEm. Or si les syndicats ou la CAPAC pour les non-affiliés versent les allocations, c'est uniquement après validation de l'ONEm qui détermine qui a droit à l'allocation et pour quel montant. Zuhal Demir plaide pour une responsabilisation financière des syndicats en cas d'erreur: "Pour le déficit qu'ils provoquent par de tels paiements fautifs". Or ils ne sont pas seuls en cause.

A noter qu'en mai 2013, le gouvernement précédent (Di Rupo) avait dit étudier déjà un nouveau dispositif qui "responsabiliserait les syndicats en les impliquant avec bonus à la clé dans la lutte contre les faux chômeurs", mais les discussions informelles n'avaient jamais abouti. Jugeant le système actuel "défaillant", Zuhal Demir aimerait un seul organisme en charge du paiement à l'avenir. Un ballon d'essai N-VA lancé par une députée, mais le débat n'a pas encore rebondi sur la table du gouvernement. Et ce ne devrait pas être le cas à court terme...

"Ce que dit Zuhal Demir est simplement faux"

John Crombez (sp.a), l'ancien secrétaire d'Etat fédéral à la Lutte contre la fraude sociale et fiscale, a immédiatement réagi sur Twitter en contestant le bien-fondé des propos de la députée. Selon lui, le montant des allocations versées à tort seraient en recul chaque année "grâce au travail du gouvernement précédent et aux contrôles renforcés de l'ONEm. Sa seule volonté est d'attaquer les syndicats". Il précise qu'il est volontiers prêt à en discuter. Une autre réaction vient du député fédéral CD&V Ralf Terwinghen, qui pointe, lui, le "raisonnement erroné qui pointe les syndicats tout en avouant que seul l'ONEm est compétent. Son discours n'est politiquement et intellectuellement pas correct. C'est un peu léger"...  

Fabien Van Eeckhaut

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK