La Mutualité chrétienne dénonce les abus dans les hôpitaux

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Une étude de la Mutualité chrétienne dénonce certains abus dans les factures d'hospitalisation. Des abus qui pourraient être évités si la population pouvait disposer d'une meilleure couverture avec son assurance maladie obligatoire, estime son secrétaire général.

Permettre qu'"une hospitalisation ne soit plus synonyme d'un coût important" est un des souhaits de Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité chrétienne.

Le rapport annuel du service défense des membres constate que certains hôpitaux n'hésitent pas à pratiquer la double facturation (certains matériels médicales, par exemple, sont parfois repris dans le budget de l'hôpital et facturés aux patients) et à facturer des suppléments d'honoraires qui peuvent aller de 300% à 500% en chambre particulière. Une pratique bien connue, nous dit-il, surtout dans les hôpitaux à Bruxelles et, par exemple, à Edith Cavell.

Pour pallier ce problème, Jean Hermesse propose une augmentation des moyens pour l'assurance maladie obligatoire. "On parle ici d'un budget de 50 à 100 millions d'euros, ce qui n'est quand même pas grand chose pour assurer à toute la population que demain il n'aurait plus aucune surprise en chambre commune et à deux lits, c'est à dire 80% des admissions". Et d'expliquer : "Par exemple, si on pouvait assurer à tout le monde qu'en chambre commune ou à deux lits, la facture ne dépasserait jamais 200 euros, ils n'auraient plus besoin d'une assurance complémentaire ou d'une assurance commerciale".

Limiter les suppléments d'honoraires

Pour le secrétaire général de la Mutualité chrétienne, il est également grand temps de légiférer en la matière et de limiter les suppléments d'honoraires. Actuellement, ces suppléments sont, de manière générale, assez stables pour les chambres communes et les chambres à deux lits, dans la plupart des hôpitaux. Mais cela reste problématique dans quinze établissements hospitaliers où se "concentrent de gros suppléments d'honoraires".

Quant aux chambres particulières, les tarifs continuent d'exploser.

Une déclaration de consentement inadmissible

Jean Hermesse dénonce également cette nouvelle pratique qui consiste à faire signer au patient lors de sa déclaration d'admission, une déclaration de consentement. En signant ce papier, celui-ci "donne son accord sur les montants qui lui seraient facturés après, que ce soit pour une nouvelle technique ou quelque chose de plus cher", explique-t-il. Et de préciser que cette demande de consentement est souvent accompagnée d'une demande de versement d'un acompte. "S'il ne paie pas, le médecin pourrait ne pas pratiquer l'opération", d'où le risque d'une médecine à deux vitesses.

Le secteur des soins de santé devra aussi se serrer la ceinture

Interrogé sur les négociations du futur gouvernement et la volonté de la N-VA de toucher à la norme de croissance des soins de santé, le secrétaire général des Mutualités chrétiennes répond que "dans le contexte actuel, on doit pouvoir en parler". "Tous les secteurs vont devoir participer à l'assainissement", dit-il. Quant au pourcentage, il faudra en discuter.

C. Biourge

Les coûts de l'hospitalisation en question dans Matin Première avec Jean Hermesse

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