" Dès 2015, La Monnaie ne sera plus celle qu'elle a été "

La Monnaie perd 16 temps pleins, le baroque et la danse abandonnés
La Monnaie perd 16 temps pleins, le baroque et la danse abandonnés - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le Théâtre Royal de la Monnaie s'apprête à changer de visage. C'est son directeur Peter de Caluwe qui l'annonce aujourd'hui. Avec les économies substantielles imposées par le gouvernement fédéral, cette maison d'opéra reconnue internationalement va devoir réduire ses productions mais aussi ses collaborations. Elle renonce aussi à ses projets baroques et à la danse. Peter de Caluwe le regrette profondément.

" Je crois qu’à partir de 2015, on ne parlera plus de La Monnaie tel qu’on la connaît aujourd’hui ". Avec près d'un million et demi d'économie à réaliser rien qu'en 2015, Peter de Caluwe et son équipe n'ont d'autre choix que de sabrer dans les frais de fonctionnement, dans la masse salariale (parmi la suppression de 16 emplois, on compte 5 licenciements) mais aussi dans les coûts de production. La Monnaie est dès lors obligée de revoir ses ambitions à la baisse. Il n'y aura plus 9 ou 10 productions scéniques annuelles mais 7 ou 8. Et puis la Monnaie va redevenir une maison d'opéra plus classique. " Ça sera un effet non souhaité ", explique Peter de Caluwe. " Mais on va devoir se concentrer sur le métier de faire de l’opéra parce que c’est pour ça que nous sommes subventionnés en premier lieu. Et donc on a fait ce choix radical de protéger le statut d’une maison d’opéra intégral qui a ses ateliers, ses métiers, son orchestre, ses cœurs, pour réaliser ses productions. On parle là de l’âme de La Monnaie qui donne à chaque fois des garanties d’excellence. Ça c’est la base à laquelle nous ne voulons pas toucher ".

La Monnaie va par contre réduire ses collaborations avec les autres institutions culturelles de la capitale (Kaai Theater, KVS, Bozar), car elle ne pourra plus investir ailleurs que dans ses propres métiers. Ce qui ne sera, là encore, pas sans incidences sur sa programmation mais aussi sur celle de ses partenaires habituelles.

Dans cette même logique de survie, La Monnaie renonce aussi à ses projets baroques qui nécessitent de faire venir des musiciens extérieurs à l’institution. Terminé aussi la programmation de danse et donc l’aide à la création de spectacle comme ceux de la compagnie Rosas d’Ann Teresa De Keersmaeker (à l’exception d’un déjà confirmé). " C’est une catastrophe ", reconnaît Peter De Caluwe. " C’est une perte immense parce que cela amène un autre public dans notre salle d’opéra. Et ça c’est quelque chose qui a toujours été une énorme richesse sur laquelle nous avons beaucoup investit. Je crains que ce ne soit pas seulement une perte pour La Monnaie mais aussi pour Bruxelles ".Alors certes le black-out culturel tant redouté dans un premier temps ne se produira pas. Mais tout de même, ce théâtre doit aujourd'hui tirer le rideau sur une partie de ce qui avait contribué, ces dernières années, à accroître encore un plus sa renommée.

Pierre Vandenbulcke

 

 

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