La mission de Paul Magnette est prolongée : "Il est maintenant plus que temps de réussir !"

Il était parfaitement à l’heure – 14 heures – et l’entretien aura duré une trentaine de minutes. Paul Magnette l’informateur royal a bien fait son 2e rapport au Roi ce lundi en début d’après-midi.

Vers 15h20, tombait le communiqué du Palais qui – sans trop de surprise – prolongeait à nouveau la mission du président du PS. "Sa Majesté le Roi a reçu en audience au Palais de Bruxelles Monsieur Paul Magnette. L’informateur a fait un rapport intermédiaire sur les discussions avec les différentes formations politiques. Il fera rapport au Roi le 9 décembre".

Paul Magnette était alors attendu à 16 heures au Parlement pour une rencontre avec la presse dans la salle Jacques Brel de la Chambre. 4e rendez-vous du genre, l’informateur ayant beaucoup insisté, dès sa désignation, sur sa volonté d’une certaine transparence sur l’avancement de sa mission. La dernière conférence de presse remontait à tout juste une semaine.

Quels progrès ? Quelles nouveautés cette fois ?

Paul Magnette a redonné son agenda de la dernière semaine : rencontre avec les partenaires sociaux, les associations de lutte contre la pauvreté et pour le climat, dans le but de voir si les priorités pointées dans les premières notes échangées avec les partis allaient à la rencontre de leurs demandes.

L’informateur a confirmé une série d’entretiens bilatéraux "approfondis" avec 10 partis.

Sa note compte désormais 8 chapitres développés avec ses partis : un pacte national pour le plein-emploi et le bien-être au travail ; le soutien à l’esprit d’entreprise et la productivité ; la transition durable économique et sociale ; la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté ; la politique de soutien aux personnes atteintes d’un handicap et la santé ; la politique de sécurité y compris la lutte contre le terrorisme, et la justice ; l’asile et la migration ; enfin la modernisation de l’Etat et la revitalisation de notre démocratie.

Paul Magnette a eu aussi un contact avec l’ambassadeur du Royaume-Uni pour aborder avec lui Brexit et politique migratoire. Dans les prochains jours, l’informateur entend continuer à approfondir et détailler les différentes notes thématiques, à étayer avec les meilleures disponibles d’où des contacts annoncés pour les prochaines semaines, avec des institutions comme la Banque nationale de Belgique, le Bureau fédéral du Plan, le Comité de monitoring, les responsables de la Société fédérale de participations et d’investissements – pour parler là pacte national d’investissements stratégiques. Il aura aussi toute la semaine des contacts politiques approfondis avec les 10 partis toujours disponibles pour former le prochain gouvernement fédéral.

Un credo fédéral et un appel à tous

Paul Magnette a conclu en lançant un appel au sens des responsabilités de chacun, répétant qu’il s’agissait désormais d’agir "pour tous les Belges d’Arlon à Zeebruges et de Mouscron à Eupen. Je rappelle que nous sommes dans le contexte d’une négociation fédérale et nous travaillons pour tous les Belges […]. Et quand on parle des basses pensions, de la lutte contre la pauvreté, du progrès économique, de la création d’emploi, tout le monde est concerné au sud comme au nord et à l’est et à l’ouest du pays. Je crois en la réussite d’un projet fédéral positif pour notre pays, je crois en un Etat moderne, respectueux de chacun, ouvert sur le monde, un Etat qui cultive le dynamisme économique, qui répond au défi climatique, un Etat qui ne laisse personne au bord du chemin et une Belgique qui demeure pionnière sur le plan européen. Je le répète nous devons aller au-delà des divergences pour nous concentrer sur les convergences : un projet fédéral positif doit émerger, un projet ambitieux et rassembleur qui doit améliorer le quotidien de l’ensemble des citoyens de notre pays".

Paul Magnette s’est fait ensuite plus martial et alarmiste, avertissant : "je crois qu’il est maintenant plus que temps de réussir. Je vous rappelle que le gouvernement fédéral est tombé le 18 décembre dans des conditions qu’il n’est pas utile de rappeler ici. Donc bientôt un an déjà. Un an que la Belgique n’a plus de gouvernement. C’est vrai que nous avons développé un certain art de gérer de situations ; c’est vrai aussi que les gouvernements des Régions et des Communautés sont, eux, de plein exercice. Mais il ne faut pas sous-estimer l’impact d’une absence durable de gouvernement fédéral et ses conséquences sur le fonctionnement de l’Etat. Les conséquences sur l’état des finances publiques et le financement de la sécurité sociale s’alourdissent de jour en jour, la Commission européenne l’a encore dit la semaine dernière. Et si nous devions subir un choc majeur, économique, géopolitique ou autres, nous ne serions pas en état de réagir en l’absence d’un gouvernement de plein exercice ce qui pourrait avoir des conséquences lourdes pour la vie de nos concitoyens".

Paul Magnette dit aussi comprendre le fait que les grands partis "se posent des questions" mais il répète son appel à chacun à prendre ses responsabilités et "sortir de leurs zones de confort" pour le bien de tous. Appel du pied à certains plus que d’autres ? Notamment l’Open Vld. A voir.

Et de conclure avec une citation, de Martin Luther King, cette fois : "We must use time creatively – and forever realize that the time is always hope to do great things”, soit "Nous devons utiliser le temps de façon créative, tout en sachant que l’on a toujours le temps de faire de grandes choses", ou de "faire le bon choix" a précisé Paul Magnette.

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