La ministre Dedonder nomme un comité stratégique pour réfléchir à l'avenir de l'armée belge

La ministre Dedonder nomme un comité stratégique pour réfléchir à l’avenir de l’armée belge
La ministre Dedonder nomme un comité stratégique pour réfléchir à l’avenir de l’armée belge - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), a constitué "un comité stratégique", composé de douze experts, pour réfléchir à l’avenir de l’armée belge. Il sera chargé d’actualiser la Vision stratégique pour la Défense qui date de 2016, ce qui conduira à une adaptation de la "loi de programmation militaire" qui en a découlé, a indiqué mercredi la ministre en commission de la Défense de la Chambre. Elle confirme ainsi des informations ayant déjà circulé en décembre.

Cette Vision stratégique définit les contours de l’armée à l’horizon 2030. Elle avait été approuvée en juin 2016 sous le gouvernement Michel 1er par l’ancien ministre Steven Vandeput (N-VA) sur base d’une analyse menée en 2014 et 2015. Elle prévoyait notamment un plan d’investissements de plus de neuf milliards d’euros, dont sept ont été engagés sous la précédente législature, principalement pour l’achat d’avions de combat F-35A, de drones MQ-9B, de véhicules blindés Griffon et Jaguar et de navires de lutte contre les mines.

On n’est plus dans le même monde qu’en 2014

"Si les grandes lignes du document sont toujours d’actualité, certaines tendances se sont depuis renforcées ou viennent bouleverser l’état du monde", a affirmé la ministre devant les parlementaires.

"Forcément, le contexte a évolué : augmentation des menaces hybrides et cyber, changements climatiques, crise sanitaire, déplacements de populations, situation politique et sécuritaire qui se dégrade dans plusieurs régions du monde, etc. On n’est plus dans le même monde qu’en 2014", a-t-elle renchéri dans des interviews publiées par le journal 'La Libre Belgique' et le magazine 'Le Vif'.

Mme Dedonder propose dès lors une actualisation à l’horizon de 2030 ou 2040 et a mandaté pour coordonner les travaux le professeur Tanguy Struye de Swielande (UCLouvain) et le colonel Éric Kalajzic, titulaire de la chaire de politique mondiale de l’Ecole royale militaire (ERM).

Dix universitaires feront partie du comité, "des personnes réputées actives dans la sécurité au sens large et spécialisées dans des domaines différents", a expliqué Mme Dedonder.

Parité linguistique respectée

Parmi eux figurent les professeurs Sven Biscop (Ugent et Institut Egmont, le centre de réflexion des Affaires étrangères), Alexandre Mattelaer (VUB) et Joseph Henritin (ULB et Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux, ou CAPRI, de Paris).

"La parité linguistique est respectée et j’ai tenu à ce qu’il y ait, parmi les dix experts, autant de femmes que d’hommes", a-t-elle précisé au 'Vif'.

Un vote en septembre 2021

Selon l’agenda souhaité par la ministre, les experts se réuniront à partir de la deuxième quinzaine de janvier, à raison d’une fois par semaine. Un rapport est attendu pour le 31 mai "qui servira de base pour les discussions politiques au sein du parlement" en juin et éventuellement début juillet. "L’objectif est qu’un vote sur le texte intervienne en septembre 2021 à la Chambre", a dit Mme Dedonder.

Elle a aussi assuré que les constats de l'"équipe de transition" (un groupe interne à l’état-major de la Défense placé sous la houlette du "numéro deux" de l’armée, le général-major Marc Thys) "seront pris en compte" dans l’exercice d’actualisation de la Vision stratégique.

L'armée et la campagne de vaccination (JT du 18/12/2020)

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