Manifestations limitées à 100 personnes, interdiction de voyager, contrôles: la ministre Verlinden détaille les mesures pour lutter contre le Covid

L’interdiction des voyages non-essentiels entre en vigueur ce mercredi 27 janvier. Une interdiction établie jusqu’au premier mars dans le but d’éviter la propagation du coronavirus et de ses variants. La ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), invitée de Matin Première, insiste : "Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on a dû prendre ces mesures".

Des mesures qui invitent les Belges à ne plus se déplacer pour des raisons touristiques ou de loisirs. La police veillera au grain, notamment pendant le prochain congé de Carnaval. Des contrôles seront menés sur les routes, aux aéroports, dans les gares… "La police intégrée, fédérale et locale, a développé un plan d’actions pour les contrôles". Le plan sera similaire à celui mis en place pendant les vacances de Noël.

A Carnaval, "il y aura des contrôles sur les routes", prévient la ministre. Les autres jours ? Il s’agira de contrôles "aléatoires pour contrôler les gens qui partent et qui reviennent".

Love is not tourism

Une attestation sera nécessaire, afin de prouver la raison essentielle de son déplacement. Mais quid des relations amoureuses, avec un couple séparé par une frontière ? Comment celui-ci pourra-t-il montrer aux policiers les preuves d’une relation stable ? "Love is not tourism. On a déjà connu cela lors de la première crise."

La police contrôlera les passages à l’étranger mais un couple pourra par exemple montrer "des photos. Ce n’est pas à nous à décider (ce qu’est une relation stable). Mais on demande des preuves aux gens. On veut éviter que gens aillent à l’étranger à des fins touristiques et récréatives. Et importent le virus" dont les variants plus contagieux.

On ne va pas embêter les frontaliers

Le président de commission de la police locale a annoncé, rappelle la ministre, "qu’on ne va pas embêter les gens, par exemple les frontaliers qui font du vélo, se promènent, traversent une petite partie" de la frontière.

Autre exception : des Belges partis avant l’entrée en vigueur de l’interdiction mais qui rentrent au pays ces prochains jours. "On a prévu des exceptions indiquées dans le modèle de déclaration. Les gens partis avant aujourd’hui (mercredi), qui reviennent demain ou la semaine prochaine, qui ont effectué un déplacement essentiel et qui ne savaient pas que cela allait être sanctionné, on ne va pas les sanctionner."

Cela vaut aussi pour les vacanciers partis avant le 27 janvier. "On ne peut pas sanctionner avec une sanction criminelle des gens qui ne savaient pas. C’est le principe de l’égalité.En dehors de ces différents cas de figure, la sanction peut tomber. L’amende s’élève à 250 euros.

Ce n’est pas une seule personne qui décide

Reste à savoir si le Fédéral ne va pas trop loin dans les restrictions des libertés ? Ces mesures sont prises par arrêté ministériel et ne font pas l’objet d’un débat démocratique au Parlement. "Ce n’est pas une seule personne qui décide", déclare la ministre de l’Intérieur. Il faut, ajoute-t-elle, trouver "un équilibre entre la situation épidémique, le bien-être et les libertés de chacun. Le Conseil d’Etat a toujours décidé jusqu’à aujourd’hui qu’on peut prendre mesures sanitaires par un arrêté ministériel. Mais cet arrêté ministériel n’est pas écrit que par moi. Il a fait l’objet d’une discussion entre gouvernement fédéral et entités fédérées".

Mais entretemps, enchaîne la ministre, "je travaille sur un projet de loi 'pandémie' qui sera présenté au parlement" dans les prochains jours. "On veut créer une base spécifique", permettant d’affronter, à l’avenir, une nouvelle crise sanitaire.

Le droit de manifester : nouvelles conditions

La ministre de l’Intérieur dit par ailleurs ne pas craindre, à ce stade, l’importation en Belgique du violent mouvement vu aux Pays-Bas. "Je ne crois pas. Mais il faut être proactif. Nous avons lu des messages sur les réseaux sociaux. Il faut éviter que cela se passe ici."

Un courrier va être adressé à tous les bourgmestres du pays afin de leur rappeler les nouvelles conditions d’organisation d’une manifestation sur leur territoire : "maximum 100 personnes, garantir la distance sociale, manifestation statique".

Un peu de perspective

Ce mercredi, un kern aura lieu. Il se penchera sur la situation sanitaire, les derniers chiffres mais aussi la proposition des entités fédérées d’une reprise des activités sportives pour les plus de 12 à 18 ans. "Il faut encore un Comité de concertation pour décider de cette proposition", annonce la ministre. "C’est une période très très difficile pour la jeunesse", à qui il faut offrir "un peu de perspective", tout en respectant les mesures.

Un "équilibre" est nécessaire. "Il faut regarder l’ensemble des mesures. On va évaluer les propositions. On va tenir compte de la proposition des entités fédérées. Il faut voir aussi l’impact sur les autres secteurs."

 

 

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