Inculpée dans l'affaire des collaborateurs, Joëlle Milquet démissionne

La ministre de l’Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles Joëlle Milquet (cdH) a annoncé sa démission, précisant qu'elle "remet son mandat entre les mains de son parti".

Elle avait été entendue en février dernier par la justice dans le cadre de l'instruction ouverte à propos de l'utilisation supposée de huit membres de son cabinet, alors qu'elle était ministre de l'Intérieur, pour mener sa campagne électorale de 2014. Mais Joëlle Milquet n'avait pas été inculpée.

Une inculpation "infondée et précipitée"

"Je m'exprime pour la première fois. J'ai laissé l'instruction faire son travail dans cette affaire qui n'en est pas une", a-t-elle déclaré ce lundi, pointant notamment l'hebdomadaire Le Vif/L'Express qui "a sorti deux articles à charge, pour nuire à (sa) personne".

"Apres quelques jours de vacances, j'ai reçu une lettre qui a signifié mon inculpation, infondée et précipitée", a-t-elle ajouté en conférence de presse. Elle évoque par ailleurs "des conséquences humaines difficiles à vivre".

"Je n'ai rien à me reprocher. Et je vais mettre toute mon énergie à le démontrer." Mais, précise-t-elle, "malgré cette inculpation infondée, je décide de remettre mon mandat au parlement".

"Je prends cette décision sereinement et je ne veux pas que mon intégrité soit remise en cause (...) Cette inculpation n'est pas juste, mais je réagis de manière responsable."

"Des comptes fouillés", mais "aucune fraude constatée"

En juin 2015, toujours dans le cadre de cette affaire, des perquisitions avaient été menées au cabinet de Joëlle Milquet, et même au domicile de certains de ses collaborateurs. Le parquet soupçonne une prise illégale d'intérêt : ses collaborateurs auraient été rémunérés par de l'argent public alors qu'ils travaillaient pour la campagne électorale de Joëlle Milquet.

"Une affaire qui n'en est pas une" donc pour la ministre, car, dit-elle, "il ne s'agit pas d'emplois fictifs puisque cinq sur huit m'ont suivis au ministère de l'Éducation".

"Mes comptes ont été fouillés à fond et il n'y a aucune fraude constatée", a-t-elle encore ajouté.

La Justice en ligne de mire

L'humaniste s'en est également pris à la Justice, insistant sur "une méconnaissance du fonctionnement des cabinets, voire une méfiance", de la part du pouvoir judiciaire, qui en aurait une "interprétation erronée, ignorante et suspecte".

"À travers mon cas, c'est tout le fonctionnement des cabinets ministériels qui est remis en cause."

"Non, la politique n'est pas méprisable comme j'ai pu le ressentir au cours des auditions. Non, être militant et défendre un projet de société n'est pas malsain", a-t-elle conclu.

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