"La migration va être un sujet électoral, mais les 700 personnes que nous avons en Belgique ne sont pas le problème"

"La migration va être un sujet électoral, mais les 700 personnes que nous avons en Belgique ne sont pas le problème"
"La migration va être un sujet électoral, mais les 700 personnes que nous avons en Belgique ne sont pas le problème" - © Tous droits réservés

C'est sur la question des migrations que le gouvernement a finalement vacillé. Pour Mehdi Kassou, porte-parole de la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, invité de jour Première, "il s'agit surtout d'une manœuvre électoraliste plutôt qu'une décision sur le fond."

Mais pas seulement de la N-VA: "De son côté, pour le MR et pour le Premier ministre lui-même, c'était aussi l'aubaine. Ça permettait au Premier ministre de se défaire un peu de cette image de paillasson, comme il a été décrit dans la presse, de se réaffirmer un peu en tant que chef de l'État et aussi de venir rapporter peut-être une touche plus humaine autour de la question migratoire, ce qui avait été clairement perdu de vue, comme l'a dit Maggie De Block, par Theo Francken".

Le porte-parole de la plate-forme ne se réjouit pourtant pas spécialement du départ de Theo Francken: "Beaucoup ont appelé à la démission de Theo Francken, mais la plateforme était plus dans une vision de départ de la NV-A, qui permettrait peut-être à un gouvernement comme celui qui vient de se reformer d'avoir des idées un peu plus humaines. Et puis Theo Francken n'a fait qu'appliquer ce qui se faisait déjà dans le passé, Maggie De Block n'était pas forcément plus tendre. Elle le disait moins, mais rappelons qu'en 2012-2013 elle s'est opposée à l'ouverture de places supplémentaires pour les demandeurs d'asile ; on a eu des occupations de plusieurs centaines de personnes, des potentiels demandeurs d'asile. Elle a défendu le retour en Afghanistan de personnes comme les sikhs par exemple, pour lesquels c'était un véritable risque de mort. Je pense juste que Maggie De Block parle moins, tweete moins, et ça lui permettra peut-être effectivement, comme elle le dit, de travailler plus".

Est-ce que ça va changer la politique menée par la Belgique dans le dossier de l'asile et la migration ? "Maggie De Block a lancé un signal fort. Elle annonce d'abord tomber sur un secrétariat "chaotique" et ensuite elle amorce hier, peut-être même de manière un peu prématurée, l'idée de pouvoir annuler cette limite imposée par Francken le 22 novembre sur le nombre de demandes d'asile par jour. On y voit donc un bon signe.  On demande aussi que des places d'accueil soient ouvertes dans l'urgence, un préaccueil, comme ça a été fait en 2015, pour éviter ce qu'on a rencontré il y a quelques jours : une mère et son enfant littéralement en hypothermie devant l'Office des étrangers".

La plate-forme espère rencontrer Maggie De Block: "On voudrait pouvoir travailler en plus étroite collaboration, donc rétablir le lien qui a été littéralement explosé par Theo Francken entre la société civile et le secrétariat à l'asile et à la migration".

Pour Mehdi Kassou, cette question migratoire va être une question qui va être au centre de la campagne électorale, qui a déjà commencé, et risque encore un peu plus de crisper l'opinion publique sur cette question des migrations: "En tout cas, au moins pour la NV-A, le Belang et les partis plus à droite comme le PP en Wallonie, la migration va être un sujet et ils cherchent une polarisation des débats, une polarisation des votes, etc. J'espère honnêtement que les 600-700 personnes que nous avons en Belgique, et on l'a déjà dit 100 fois, ne sont pas le problème. En Belgique, à l'échelle des migrations, c'est une cacahuète. Nous ne représentons absolument rien sur le parcours migratoire en termes d'arrivées, en termes de départs, etc. On est un lieu de passage. Rappelons qu'il y a eu 75 000 personnes dans les rues pour le climat, qu'il y a eu près de 80 000 personnes dans les rues pour les pensions. On parle d'une baisse du nombre de chômeurs, mais dans la foulée on nous parle d'une explosion du nombre de personnes au CPAS, donc il y a aujourd'hui des problèmes, à mon avis, beaucoup plus importants que les 700-800 personnes. Ça peut se régler de manière très simple : un centre d'accueil et d'orientation et une institutionnalisation de ce qui a déjà été mis en place. Des partenaires de la société civile bossent sur la question depuis plusieurs années, on a Médecins du Monde, on a Médecins sans frontières, je pense qu'on peut y arriver. Donc non, la migration ne devrait pas être le sujet central".

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