La marche des 7 survivantes de la prostitution est arrivée à Bruxelles

Rosen Hicher a participé à trois marches similaires par le passé.
Rosen Hicher a participé à trois marches similaires par le passé. - © LIONEL BONAVENTURE - AFP

La marche des 7 survivantes de la prostitution est arrivée samedi à 18h50, place du Béguinage à Bruxelles. Les marcheuses demandent que la prostitution soit reconnue comme une violence et un obstacle à l’égalité des femmes et des hommes.

Les marcheuses sont parties de Liège le 6 avril. Elles sont passées par Huy, Andenne, Namur, Sambreville, Charleroi, la Louvière et Bruxelles. Diverses rencontres avec des membres du tissu associatif ont été organisées le long du parcours.

La marche a été initiée par Rosen Hicher, aujourd’hui âgée de 62 ans. Elle s’est prostituée pendant 22 ans en France. Rosen Hicher a déjà réalisé trois marches. « J’ai été très choquée par les vitrines », a déclaré Rosen Hicher par rapport à la situation en Belgique. « Comment peut-on aujourd’hui au XXIe siècle vendre des femmes en vitrine comme du vulgaire bétail ? On ne peut pas les laisser comme ça, dans l’indifférence générale à la merci de la violence des clients. Il faut interdire les relations tarifées et lutter beaucoup plus contre le proxénétisme. Il faut protéger ces femmes, qui sont pratiquement toutes dans des réseaux sous l’emprise d’hommes extrêmement violents, que sont les proxénètes ».

L'Union des Travailleuses du Sexe Organisées pour l’Indépendance (UTSOPI) estime que les survivantes de la prostitution se trompent de combat en remarquant que la prostitution se pratique dans la clandestinité dans les pays où elle est interdite, ce qui nuit aux droits et à la sécurité des prostituées. « Quand on est dedans, on ne peut pas se dire que c’est une violence extrême », répond Rosen Hicher. « Tout ce qu’on peut se dire c’est qu’on est en accord avec soi-même, or c’est faux. Quand on en sort, on s’en rend bien compte. Ce n’est pas évident. Il leur faudra du temps pour comprendre. »

Pierrette Pape, présidente de l’association ISALA, qui a marché aux côtés des survivantes de la prostitution, explique que cette marche vise à lutter contre la banalisation de la prostitution : « On a tendance à entendre des témoignages qui renforcent le statu quo, mais peu parlent de la violence que ça représente. L’industrie du sexe n’existe que parce qu’il y a de l’argent. C’est un marché alimenté par la traite, qui est basée sur une tolérance énorme et sur une inégalité. C’est un business qui se fait au détriment du corps des femmes. En grande majorité, ce sont des femmes et les clients sont des hommes. L’écrasante majorité des femmes qu’on rencontre à Bruxelles sont des femmes étrangères, souvent issues de minorités et donc déjà vulnérabilisées dans leurs pays. Elles se retrouvent ici dans des réseaux ».

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