La marche de B. De Wever sur Anvers a des "relents inquiétants", selon P. Magnette

"Ce qui a frappé les esprits en Wallonie et à Bruxelles, ce soir-là, c'est la brutale métamorphose d'un homme", estime Paul Magnette sur son blog.

Depuis longtemps, le leader nationaliste suscite des sentiments mêlés, entre l'inquiétude de ceux qui restent attachés à la Belgique et la sympathie d'une "certaine bourgeoisie wallonne" sensible à ses critiques sur une région vivant dans une culture de l'assistanat, note Paul Magnette.

"Jusqu'à ce dimanche soir. Car le spectacle largement diffusé par les médias francophones, en direct, de la 'marche sur Anvers' a glacé les esprits", ajoute-t-il.

Le professeur d'université, auteur d'un ouvrage sur le nationalisme en Europe, y trouve des "relents inquiétants ou à tout le moins de très mauvais goût" pour quiconque a étudié l'histoire, une référence habituelle aux heures noires du nazisme et du fascisme dans la bouche des responsables socialistes. Paul Magnette ne cite ni Mussolini, auteur d'une marche sur Rome en 1922, événement déclencheur de la prise du pouvoir par les fascistes en Italie, ni Hitler, cité par nos confrères de Sud Presse dans le titre de leur article. Et de détailler: la marche avec cortège de partisans, la traversée de foules enthousiastes, le discours triomphal déjà orienté vers la prochaine échéance, l'image du leader vociférant, etc.

"La métamorphose physique du leader nationaliste est aussi une métamorphose politique: sa gourmandise, son humour et sa bonhomie semblent avoir disparus pour ne plus laisser subsister, sans fard, que l'ambition de pouvoir, et un discours nationaliste et conservateur teinté d'une agressivité qu'on ne lui avait pas connue jusqu'alors", ajoute Paul Magnette.

Le socialiste se garde toutefois de conclure trop rapidement: "l'histoire dira si cet effroi fut la sensation d'un soir ou s'il marqua un tournant majeur", s'il s'agit d'une erreur de communication ou d'une transformation délibérée.


Belga

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