La maman de Maëlle, victime d'un "choc toxique" à cause de son tampon: "Cela ne doit plus jamais arriver"

Elle était jeune, sportive et pleine de projets. Maëlle, 17 ans, est décédée jeudi dernier à Charleroi. Cette jeune habitante de Somzée, a été victime d’un choc toxique, une maladie causée par l’utilisation de tampons hygiéniques. Sa maman, Laurence, souhaite désormais informer le plus possible "pour que le décès de Maëlle, puisse en éviter d’autres".

Laurence, Maëlle est décédée le jeudi 9 janvier dernier. Pourriez-vous nous raconter ce qu’il s’est passé ?

Maëlle rentre de la salle de sport lundi à 20h30. Un peu après, vers 23 heures, elle commence à faire de la température. Puis, les nausées arrivent, suivies de vomissements. Nous nous inquiétons de son état et contactons le médecin de garde. Il lui diagnostique une grippe gastro-intestinale.

Qu’arrive-t-il ensuite ?

Pendant toute la journée du mardi, les symptômes perdurent. Le diagnostic médical ne nous pousse pas à nous alarmer outre mesure. Mais le soir, Maëlle commence à avoir des troubles de la vue. Je prends sa tension : 5.3. J’appelle l’ambulance, mais les ambulanciers restent sur le même diagnostic, une grippe. Même chose à l’hôpital. Ma fille souffre de déshydratation sévère, elle est emmenée dans un autre hôpital, aux soins intensifs. Et c’est là qu’on lui diagnostique un choc toxique. Il est déjà trop tard.

Quel message souhaitez-vous faire passer aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je veux informer pour que ce que nous avons vécu ne puisse plus arriver. Je vais dans les écoles, les centres de plannings ; je communique dans les médias. Et puis, j’aimerais sensibiliser le monde médical, pour que tout le monde puisse garder le diagnostic possible d’un choc toxique à l’esprit. La plupart des médecins nous disent qu’ils ne sont pas au courant et que ça arrive rarement… mais c’est quand même arrivé à ma fille, et un membre du personnel des soins intensifs, m’a dit que ce n’était pas si rare que cela.

Dans cette tragédie, il y a la question des tampons. Vous aviez entendu parler de cette maladie, le "choc toxique"?

J’en avais parlé avec Maëlle seulement 15 jours avant son décès. Cette maladie l’obsédait. Elle était très informée du problème et elle en avait peur. Elle changeait régulièrement son tampon, mais me disait toujours : "maman, et si je l’oubliais ?". Je lui répondais que les victimes de choc toxique étaient des cas isolés et qu’elle n’avait pas à s’en faire. ; que j’en faisais usage depuis 20 ans, et que je n’avais pas connu le moindre problème…

Vous en parliez et pourtant, vous avez écarté cette hypothèse ?

Nous étions informées et nous n’avons pas pu déceler la maladie. Parce que les premiers diagnostics n’allaient pas dans ce sens. Aujourd’hui, je suis persuadée qu’il faut informer le plus possible de femmes au sujet de ce syndrome. En espérant que la prévention puisse sauver des vies.

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