La loi Moureaux, faisant du racisme un délit, célèbre ses trente ans

En 1981, ce texte décidait que le racisme devenait un délit alors qu'il était jusque là considéré comme une opinion.

"En Belgique comme dans beaucoup de pays, on pensait qu'on avait le droit d'exprimer une certaine hostilité à l'égard des gens d'origine étrangère par exemple", rappelle Redouane Boulal, directeur du MRAX. "Depuis cette loi, le message est petit à petit passé que le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit."

À l'époque, cette loi a été proposée par Philippe Moureaux, alors ministre. Le parlement avait voté cette loi de manière assez consensuelle.

Utile face au regain de racisme

"Je crois qu'aujourd'hui ce serait beaucoup plus difficile d'avoir l'assentiment du plus grand nombre au Parlement", poursuit Redouane Boulal. "On est dans un creux pour le moment. Les manifestations de racisme ont augmenté ont augmenté dans tous les domaines: en matière d'antisémitisme, d'islamophobie, contre les tziganes, ... On a donc encore plus d'intérêt à pouvoir utiliser une loi contre le racisme aujourd'hui."

La législation belge contre le racisme a également été étoffée en 1995, via la loi du 23 mars 1995 tendant à réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l'approbation du génocide commis par le régime nazi pendant la seconde guerre mondiale. Ces mesures ont fait de la Belgique une pionnière dans la lutte contre le racisme.

Pierre-Yves Meugens
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