La Ligue des droits de l'Homme devient celle des droits humains: "Historiquement, les femmes n'avaient pas de droit"

La Ligue des droits de l'Homme change de nom ce lundi: elle défendra désormais les droits humains. Ce changement officiel, annoncé lors de l'arrivée de la nouvelle présidente Olivia Venet, intervient à l'occasion de la Journée internationale des droits humains et des 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

"On est très content de changer de nom, c'était très important, expliquait-elle dans Matin première. Dans notre inconscient collectif à tous, les droits de l'homme font quand même référence — même si on donne un grand H pour dire humanité — à un homme, à l'exclusion de la femme. Historiquement, c'était comme ça, c'était d'abord les droits des hommes et les femmes n'avaient pas de droits."

Il y avait bien un grand H pour insister sur la notion d'humain mais "quand on l'écrit, on peut le lire, mais on ne l'entend pas, fait remarquer Olivia Venet. Il y a donc une forme d'exclusion dans ce terme et c'était très important pour nous de se tourner vers toutes les personnes humaines, vers toutes les personnes qui sont concernées par les droits : les femmes, mais aussi les transgenres, les intersexes, les personnes qui ont des orientations sexuelles différentes, qui ont des origines différentes, qui ont des classes sociales différentes, qui ont des couleurs de peau différentes. Choisir ce terme de " droits humains ", pour nous, c'est vraiment aller vers plus d'inclusivité, plus de diversité et montrer que toutes les personnes humaines sont titulaires des droits, à leur manière, chacun de leur façon. On voulait montrer ça. Je pense qu'aujourd'hui, la lutte contre les discriminations va être un des enjeux qui va venir dans les prochaines années"

Et pour la nouvelle présidente, c'est un chantier, même dans un pays démocratique comme la Belgique: "C'est aujourd'hui une réalité que beaucoup de personnes sont victimes de discriminations au quotidien, au niveau du travail, au niveau du logement, au niveau de l'augmentation des discours racistes et d'exclusion. C'est quelque chose contre lequel il va falloir impérativement lutter".

Pour Olivia Venet, c'est d'abord en allant à la rencontre les uns des autres et c'est en travaillant ensemble qu'on va réussir à faire changer les choses: "Je ne vais pas avoir la prétention de vous dire la manière dont on doit le faire, je pense qu'on doit d'abord pouvoir écouter ce que les gens ont à dire et à proposer. Ceux qui sont victimes de discriminations sont précisément ceux qui vont peut-être pouvoir nous expliquer comment il faut faire pour mieux avancer. Je vais prendre l'exemple des combats féministes ; ça ne sert à rien de dire aux femmes la manière dont elles doivent être pour être féministes, il faut les écouter sur ce dont elles ont besoin et sur quels sont leurs droits. Il ne faut donc pas venir par une vision extérieure, il faut venir par une vision inclusive et de l'intérieur".

 

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