La Jordanie "déradicalise" des djihadistes, la Belgique intéressée

Comment prendre en charge les ex-combattants radicaux de retour de Syrie ? Le programme jordanien est-il efficace ?
Comment prendre en charge les ex-combattants radicaux de retour de Syrie ? Le programme jordanien est-il efficace ? - © AFP PHOTO/ALEPPO MEDIA CENTRE/FADI AL-HALABI

De jeunes Belges vont rejoindre les rangs de la rébellion syrienne et ils se joignent même aux plus radicaux. Depuis le début du phénomène, une cinquantaine d’entre eux ont fait le chemin inverse et sont rentrés en Belgique ce qui pose certaines questions de sécurité et suscite l’inquiétude, notamment des autorités. C’est dans cette optique que la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet - avec des représentants de la police fédérale et de l’Organe de la coordination pour la menace et de la Sûreté de l’Etat - s’est rendue en Jordanie. Le pays voulait lui expliquer les méthodes de dé-radicalisation qu’il a mises sur les rails en 2008. Des méthodes aux contours flous.

C’est entre les murs de la prison que ce programme a été lancé. Il ciblait des Jordaniens partis combattre en Afghanistan puis arrêtés sur base de la loi antiterrorisme. Zudhi Janbek, directeur de la sécurité publique explique : "En prison, on ne les abandonne pas mais on négocie avec eux pour tenter de les rapprocher de nous. On leur explique que s’ils obéissent à la loi, s’ils acceptent qu’il existe d’autres idées, d’autres religions, d’autres façons de penser, leur vie va changer".

Tout ça se fait petit à petit. Pendant six mois, celui qui accepte de suivre le programme reçoit un accompagnement psychologique et social. L’idée est d’impliquer la famille dans le processus. Autre outil, lancer un dialogue sur la religion : "On leur donne la chance d’avoir toutes les discussions qu’ils veulent avec des experts de l’islam, des professeurs d’université".

Après la sortie de prison, il y a un suivi. Selon les chiffres jordaniens, les résultats sont très brillants : sur une soixantaine de radicaux, il n’y aurait que deux échecs. Des chiffres qui étonnent côté belge et des questions qui restent sans réponse. Les djihadistes qui acceptent de suivre le programme reçoivent-ils quelque chose en contrepartie, comme c’est le cas en Arabie Saoudite ? S’agit-il réellement de radicaux ? Autre zone d’ombre : depuis 2011, il n’y a plus aucun chiffre qui circule sur ce programme...

Aline Wavreille

 

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