La grande Mosquée a dépensé 1,2 million d'euros en 2 ans pour la diffusion de sa doctrine

La Grande Mosquée du Cinquantenaire à Bruxelles.
La Grande Mosquée du Cinquantenaire à Bruxelles. - © ERIC LALMAND - BELGA

Le Centre Islamique et Culturel de Belgique (CICB) a dépensé 1,2 million d'euros entre 2012 et 2014 pour rémunérer du personnel affecté à la propagation de son idéologie, a indiqué mercredi l'administrateur-général de la Sûreté de l'Etat, Jaak Raes, devant la commission d'enquête sur les attentats terroristes.

Financement provenant d'Arabie saoudite

Le CICB est connu pour abriter la Grande Mosquée du Cinquantenaire à Bruxelles et reçoit une grande partie de son financement de l'Arabie saoudite par le biais de la Ligue islamique mondiale. Ses administrateurs et son gestionnaire sont d'ailleurs liés au royaume saoudien, voire y sont domiciliés.

L'institution a souvent été pointée du doigt comme le lieu de diffusion en Belgique de l'islam saoudien, soit le courant wahhabite, fondamentaliste et particulièrement rigoriste. Selon la Sûreté, il ne faut toutefois pas y voir le lieu de diffusion du djihadisme, les gens qui la fréquentent étant très massivement opposés au terrorisme.

Pas de "grand problème" de radicalisation

Le CICB a également distribué 600 000 euros sous forme de dons à des personnes et des associations qui propagent une vision "islamiste", d'après la Sûreté.

Après les attentats de Paris, le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, avait demandé à la Sûreté de produire un rapport sur la Grande Mosquée. Il n'existe pas de "grand problème" de radicalisation qui soit liée à cette mosquée pas plus qu'à d'autres lieux de culte reconnus, avait affirmé le ministre sur la foi du rapport.

Collaboration de l'EMB avec les autorités

Par ailleurs, le président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) a indiqué devant la commission d'enquête vouloir apporter son aide aux autorités publiques en renforçant leur collaboration et les canaux de communication. 

L'organisation se dit notamment prête à collaborer avec la Sûreté de l'Etat lors de la venue en Belgique de prédicateurs ou de personnalités religieuses étrangères.

Salah Echallaoui et Khalid Benhaddou, coordinateur du réseau d'enseignement d'islamologues en Flandre, souhaitent également que les responsables politiques prennent des mesures pour interrompre les flux d'argent provenant de l'étranger et destinés aux mosquées belges. Certaines ne sont pas reconnues et échappent donc à la tutelle de l'EMB.

"Je ne peux pas dire que des discours poussant à la radicalisation n'existent pas dans certaines mosquées", a concédé le président de l'EMB, qui a pris ses fonctions la veille des attentats à Bruxelles. "Nous avons entamé des réformes pour faire des mosquées des lieux d'émancipation, d'éducation à la citoyenneté. J'espère aussi que les musulmans de Belgique pourront un jour avoir leur 'cathédrale', car la grande mosquée du Cinquantenaire à Bruxelles n'est pas reconnue", a-t-il dit.

Un "islam de Belgique"

L'Exécutif des Musulmans a par ailleurs lancé plusieurs projets de réformes afin de promouvoir "un islam de Begique", adapté aux contextes politique, culturel ou encore social du pays. Le président de l'organisation a notamment cité la création de formations destinées aux imams et aux conseillers islamiques dans les prisons pour les aider à déconstruire les discours radicaux.

"Nous voulons également créer une faculté de théologie islamique avec l'ensemble des universités belges pour donner un cadre européen et belge à l'enseignement, tout en garantissant son caractère scientifique", a ajouté Salah Echallaoui.

Ce travail de prévention est primordial car le phénomène de radicalisation prend souvent ses racines hors des mosquées, a poursuivi Khalid Benhaddou, également président de la plateforme des imams flamands. "Beaucoup de jeunes ne fréquentent plus les mosquées. De nombreux imams en Flandre ne parlent pas le néerlandais par exemple, ils ne peuvent donc pas répondre aux questionnements des jeunes."

 

 

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