La fusion de communes a la cote en Flandre, pas du côté francophone

Les communes flamandes de Kruishoutem et de Zingem vont fusionner et s'appeler Kruisem.
Les communes flamandes de Kruishoutem et de Zingem vont fusionner et s'appeler Kruisem. - © Tous droits réservés

Le 1er janvier 2019, la Flandre ne comptera plus que 300 communes au lieu de 308 aujourd'hui. Knesselaere, commune de 9000 habitants, en Flandre orientale, a, par exemple, décidé de fusionner avec la commune voisine d'Aalter, plus importante. Objectif? Faire des économies d'échelle.

Mais aujourd'hui, il n'y a pas de taille critique en nombre d'habitants pour déterminer si une commune est viable ou pas financièrement. "C'est évident, pour Pierre Verjans, politologue à l'ULG, que plus on agrandit la taille d'une commune, plus les économies d'échelle seront faciles à réaliser. Mais, dans le même temps, le sentiment d'identité collective risque aussi de diminuer."

En Flandre, le mot fusion n'est pas tabou. Mais, pour y arriver, il y avait des incitants notamment financiers non négligeables, mis en place par le gouvernement flamand. En cas de fusion, les communes bénéficient d'un allègement de la dette de 500 euros par habitant avec un montant maximum pouvant aller jusque 20 millions.

Et puis, toutes les communes fusionnées ont une particularité politique, elles étaient toutes dirigées par des bourgmestres CD&V. "Le fait d'être dans un bassin politique de même couleur facilite clairement les choses, même si, précise Pierre Verjans, deux bourgmestres d'une même couleur, ne s'entendent pas nécessairement. Ils peuvent, par exemple, être concurrents au niveau régional."

L'idée ne fait pas l'unanimité en Wallonie

En Wallonie, même si le déclaration de politique générale du nouveau gouvernement wallon évoque la question, l'idée ne fait visiblement pas l'unanimité. La passe d'armes de ces derniers jours entre Jean-Paul Wahl (MR) et André Antoine (CDH) tous deux pourtant dans la majorité et tous deux du Brabant wallon, en est le plus bel exemple. Pour André Antoine, ce n'est pas à l'ordre du jour.

En région bruxelloise, le sujet est aussi loin d'avoir la cote. Exemple indicatif: Auderghem et Watermael-Boitsfort. En octobre dernier, Christophe Magdalijns, le bourgmestre faisant fonction Défi d'Auderghem, avait évoqué l'idée de lier sa commune à Watermael-Boitsfort. Mais l'idée s'est arrêtée là. Olivier Deleuze, bourgmestre Ecolo de Watermael-Boitsfort, ne cachant pas qu'il n'y voyait pas l'intérêt.

Pour montrer les divergences de perception entre Flamands et Francophones sur le sujet, on peut aussi se baser sur ce qui se passe en France et aux Pays-Bas. En France, malgré 36000 communes, le mot fusion n'est pas à l'ordre du jour alors que les Pays-Bas y ont eu recours. Mais Pierre Verjans rajoute que "lors des élections communales de mars 2018 aux Pays-Bas, les communes périphériques, les plus petites communes, ont fait de la résistance car elles s'estimaient lésées."

Archives du 05/10/2017: 

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